Riche rétrospective d'un enfant de La Chaux-de-Fonds

Charles Humbert, “La lectrice”, 1930. Musée des beaux-arts, La Chaux-de-Fonds

L'accrochage serré, à l'ancienne, d'une bonne centaine de peintures et de quelques dessins atteste le talent de Charles Humbert, dans les tonalités sombres et argentées. Un exposition à voir au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds.

Ce contenu a été publié le 15 juillet 2001 - 14:20

L'exposition Charles Humbert est intéressante à double titre. Dans un premier temps, elle donne à découvrir ou redécouvrir l'œuvre foisonnante d'un peintre proche de courants modernes tels que le cubisme et l'expressionnisme, et resté tout à la fois attaché à une certaine tradition.

Ensuite, elle documente un moment important de l'histoire culturelle de La Chaux-de-Fonds, alors que s'exprimaient des artistes issus de l'Ecole d'art appliqué de la ville et que le sculpteur français Bourdelle s'étonnait en ces termes: «C'est épatant. Je suis stupéfait de trouver dans une petite ville de Suisse des artistes de cette qualité».

Outre Charles Humbert, ce milieu d'artistes comprenait Charles-Edouard Jeanneret, alias l'architecte Le Corbusier, les frères Barraud, Lucien Schwob et L'Eplattenier, qui avait été leur professeur. Et le peintre Madeleine Woog, qui allait devenir l'épouse et l'égérie de Charles Humbert, et dont le visage caractéristique hante littéralement l'exposition.

Né en 1891, mort en 1958, Charles Humbert a essentiellement exploré les genres du portrait et de la nature morte. L'influence, sur les artistes ultérieurs, de sa peinture peu colorée a pu être qualifiée «d'école du gris». Mais ces gris, et les couleurs plus vives de certaines natures mortes et des nus, sont modulés avec une grande subtilité.

Humbert a également réalisé des compositions empruntées à la tradition livresque (il était aussi un grand lecteur et un bibliophile) et de patientes illustrations d'ouvrages de Rabelais et de Dante notamment. L'accrochage, très dense, livre les multiples facettes de son talent. L'exposition reste visible jusqu'au 26 août (tél. 032/ 913 04 44).

Laurence Chauvy

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article