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Rolf Hüppi échappe à la grogne des petits actionnaires

Rolf Hüppi a été mis sous pression, en raison des mauvaises performances du groupe.

(Keystone Archive)

Le patron de Zurich Financial Services (ZFS), Rolf Hüppi, a dû affronter la mauvaise humeur des petits actionnaires jeudi lors de l'assemblée générale de groupe à Zurich. Son cumul des mandats a été critiqué et les résultats décevants pointés du doigt.

Le vote à mains levées sur la décharge à accorder à Rolf Hüppi en sa qualité de président du conseil d'administration et de la direction n'a pas permis de départager les voix. Un décompte des bulletins a été nécessaire.

Le résultat a été sans ambiguïté: 7,68 millions de voix pour la décharge contre quelque 450 000 refus, ce qui indique que les gros actionnaires qui détiennent la grande majorité des suffrages ont fait confiance à M. Hüppi. Les autres membres du conseil d'administration et de la direction se sont vu accorder la décharge à la quasi-unanimité, à mains levées.

Faisant face à 2495 actionnaires réunis simultanément à Zurich et à Londres, Rolf Hüppi a reconnu encore une fois que l'exercice écoulé, bouclé avec un recul du bénéfice net de 28% à 2,33 milliards de dollars (3,93 milliards de francs), avait été «décevant». Mais l'objectif à relativement long terme, à savoir une croissance du bénéfice de 10 à 15%, est maintenu, a-t-il souligné.

Le groupe - auprès duquel une famille suisse sur trois est assurée - fait toujours partie de la demi-douzaine d'entreprises suisses ayant les bénéfices les plus élevés, a poursuivi M. Hüppi. Ces cinq dernières années, le dividende est passé de 7,20 à 17,15 francs.

Répondant indirectement à la sanction du marché qui fait apparaître un recul de plus de 35% de l'action depuis le début de l'année, le patron de ZFS estime que la vaste réorganisation de l'entreprise va bientôt porter ses fruits.

Parmi les mesures annoncées figurent la suppression de 230 postes au siège de Zurich et le transfert de 380 autres, ainsi qu'une vaste offensive Internet avec un investissement d'un milliard de dollars. ZFS va aussi étoffer son offre dans la gestion du patrimoine et des produits financiers, avec des alliances aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

L'année 2001 n'en sera pas moins une année de transition, a averti Rolf Hüppi. Les affaires non-vie évoluent favorablement en Grande-Bretagne de même que l'ensemble du secteur vie. En revanche, «la gestion de fortune subit les effets de la volatilité des marchés boursiers».

Plusieurs actionnaires sont montés à la tribune pour dénoncer le cumul des mandats de M. Hüppi, son salaire «exagéré» - le chiffre de 5,4 millions de francs a été avancé - ou sa gestion défaillante. «En tant que président du conseil d'administration et de la direction, vous vous contrôlez vous-même», a lancé un actionnaire, sous les applaudissements nourris de l'assemblée.

Eu égard à la profonde restructuration que traverse le groupe, le conseil d'administration a jugé préférable de conserver le double mandat, a répliqué Rolf Hüppi. Mais ce double mandat n'est «pas un dogme», et un réexamen de la situation se fera en temps voulu, a-t-il assuré.

Outre l'approbation sans histoire des comptes, les actionnaires ont élu pour trois ans au conseil d'administration MM. Armin Meyer (51 ans), patron de Ciba Spécialités Chimiques, et l'ancien conseiller d'Etat vaudois Philippe Pidoux (57 ans).

Franz Humer, patron du groupe pharmaceutique bâlois Roche, s'est quant à lui retiré du conseil d'administration de ZFS. «M. Humer souhaite se consacrer pleinement à ses fonctions au sein de Roche», a indiqué un porte-parole de géant bâlois.

Celui-ci a précisé que M. Humer abandonnait également son mandat au conseil d'administration de la société Cadbury Schweppes. Le mandat du patron de Roche au sein du conseil de ZFS a pris fin officiellement jeudi.

swissinfo avec les agences


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