Ruth Dreifuss couronnée en Allemagne

Les experts de la fondation Carl Bertelsmann ont attribué à la Suisse leur prix 2000 pour la réforme de son système de sécurité sociale. Il a été remis mercredi matin à Gütersloh à Ruth Dreifuss, ministre suisse de la Santé.

Ce contenu a été publié le 05 septembre 2000 - 12:29

La récompense surprendra certains, en Suisse même. "Mais, souligne Ruth Dreifuss, je suis très heureuse que la fondation Bertelsmann, connue pour sa promotion des idées nouvelles et des nouvelles formes d'entreprise, ait décidé cette année de couronner la réforme de notre système de sécurité sociale".

"Ce prix est d'abord une invitation à continuer la lutte pour l'améliorer, poursuit-elle l'oeil malicieux. C'est aussi un signal, venu de l'extérieur, qui nous montre combien notre système d'accès égalitaire à un haut niveau de soin est déjà enviable".

La fondation Carl Bertelsmann avait chargé la société Prognos AG de Bâle d'examiner plusieurs modèles de sécurité sociale à la loupe, dont ceux de l'Allemagne, de la Finlande, de la Grande-Bretagne du Canada et de la France.
"La surprise a été de taille" lorsque le système suisse a finalement été choisi, reconnaît la conseillère fédérale.

Les trois atouts qui ont finalement décidé le jury sont selon elle: "le large débat politique enclenché en Suisse par la réforme; le lien qu'elle institue entre le marché et la régulation d'un côté, le centralisme et le fédéralisme de l'autre".

Les 120 000 francs de récompense remis à Ruth Dreifuss, en tant que responsable du système de santé helvétique, ont déjà trouvé leur utilité. Ils serviront entre autres à favoriser le "manque" de dialogue entre le gouvernement et la population qui reste le point noir de la réforme.

Profitant de la remise du prix de la fondation Bertelsmann Ruth Dreifuss a entamé son voyage à Berlin, lundi. Elle y a rencontré notamment ses collègues ministres de la famille, de la santé et de l'éducation. Trois femmes.

Des rencontres qui permettent d'abord de renforcer les contacts, "qui ne sont pas aussi fréquents que ceux de mes collègues de l'Union européenne", souligne-t-elle avec une pointe de regret.

Ruth Dreifuss a profité de l'occasion pour souligné que la Suisse prend "très au sérieux" le problème de l'extrémisme de droite, notamment via le réseau Internet. La ministre de l'Intérieur a souligné que la Suisse dispose déjà d'une loi qui permet de lutter contre le racisme.

Elle a toutefois rappelé que la Suisse ne peut pas lutter seule dans ce domaine. Ruth Dreifuss en a donc appelé à une coopération au niveau international.

Michel Verrier, Berlin

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