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Saint-Maurice, le sabre et le goupillon

Le clocher de l’abbaye, partie la plus ancienne de l’édifice actuel. Sa couleur se confond presque avec celle de la falaise qui le domine.

(swissinfo.ch)

«Bienvenue à Saint-Maurice, le plus ancien lieu de la chrétienté après Rome.» C’est ainsi que le chanoine chargé de la visite du trésor et des coulisses de l’abbaye accueille les visiteurs.

Au pied de cette falaise qui semble à tout moment vouloir écraser le petit bourg, on adore le Christ depuis l’an 370, peu après le massacre des 3700 Egyptiens de la légion thébaine et de Maurice, leur chef.
De toutes les villes du monde portant son nom, Saint-Maurice d’Agaune (d’un ancien mot celtique signifiant «la roche pointue») est donc la seule à pouvoir se targuer de l’authenticité du martyre.

Les bâtiments de l’abbaye actuelle forment un assemblage hétéroclite de styles et d’époques, dont émerge d’abord le clocher du 14ème, la partie visible la plus ancienne de l’ensemble. La nef a été pendant des siècles parallèle à la falaise. Mais après un éboulement, on a jugé plus prudent de la rebâtir perpendiculairement au rocher. L’entrée originale de l’abbaye se trouve donc à l’intérieur de l’église, édifiée aux 17 et 18ème siècles.

Mais les plus anciennes traces du culte chrétien à Saint-Maurice sont désormais l’affaire des archéologues. Dans leurs fouilles, on découvre, sur les restes d’un temple romain, le premier hôtel dédié au culte du martyr. Martyr dont les restes sont conservés dans une incroyable châsse du 13ème, restaurée récemment. Avec ses deux sœurs un peu plus tardives, elle justifie à elle seule la réputation historique du lieu.

Avec son évêque, son lycée-collège propriété de l’abbaye, ses communautés de Capucins et de sœurs de St-Augustin et sa vie spirituelle et culturelle, Saint-Maurice n’est pourtant pas uniquement un «repère de chanoines».

Ici, à l’entrée de l’étroit défilé par lequel le Rhône s’échappe du Valais - lieu stratégique par excellence -, le sabre a toujours côtoyé le goupillon.
Coexistence entamée dans le sang, puis devenue pacifique et de plus en plus débonnaire au fur et à mesure du déclin des deux institutions.

Aujourd’hui, la place d’armes, qui fut la porte d’entrée principale du fameux «réduit national», est en plein démantèlement et l’église affronte comme ailleurs la crise des vocations.
Ayant perdu sa fabrique de bois homogène et sa cimenterie, Saint-Maurice vit aujourd’hui dans la douce quiétude d’un lieu hors du temps, qui ne semble plus se réveiller qu’à l’heure de processions et du carnaval.

swissinfo, Marc-André Miserez à St-Maurice d’Agaune

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