Samuel Buri et Manuel Müller: des œuvres colorées

Manuel Müller, «Touche pas à la dame», 1998. (Musée Jenisch, Vevey) Manuel Müller, «Touche pas à la dame», 1998. (Musée Jenisch, Vevey)

Les deux plasticiens d'origine alémanique font l'objet d'une vaste exposition à Vevey: la couleur y est reine, même chez le sculpteur Manuel Müller.

Ce contenu a été publié le 11 février 2001 - 13:31

D'abord marqué par l'abstraction lyrique américaine, le peintre bernois Samuel Buri, né en 1935, est revenu à un art figuratif qui, en dépit de sa grande fidélité à la nature, conserve un côté tachiste et «all over». Très vivement colorés, ses dessins, aquarelles et huiles, et les plus récents tableaux à la peinture acrylique, aux tons plus acides, ne comptent plus les fleurs, feuilles et carreaux de fenêtres.

Au-delà de la facilité du dessin et de l'aisance du coloriste, Samuel Buri développe une thématique folklorique non dénuée d'ironie. Rhododendrons, fraises des bois et autres jardins suisses composent un monde idyllique, derrière lequel s'inscrit, dans certaines compositions, le visage inquiet de l'artiste lui-même. Les plus récentes toiles, d'après le peintre flamand Jordaens, donnent carrément dans le kitsch.

Manuel Müller est sculpteur (comme son père Robert Müller) mais son travail n'en est pas moins très coloré. L'artiste, né en 1955, aujourd'hui établi à Lausanne, travaille le bois, matière noble dans laquelle il sculpte de très beaux visages et corps féminins, qu'il peint et enferme par la suite dans des boîtes et autres reliquaires. Ces compositions en bois polychrome font naturellement penser aux statues religieuses ou aux modèles anatomiques plus tardifs. Il en émane une grande douceur, mais aussi un sentiment funèbre.

Laurence Chauvy

Samuel Buri/Manuel Müller. Musée Jenisch à Vevey (tél. 021/ 921 29 50). Jusqu'au 16 avril.

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