Sans l'Irak, et peut-être... sans les Etats-Unis

Pour Micheline Calmy-Rey, la réunion aura lieu de toute manière. Keystone

Bagdad n'est pas invitée. Et Washington n'est pas vraiment intéressée par la réunion humanitaire sur l'Irak que la cheffe de la diplomatie suisse veut organiser à Genève.

Ce contenu a été publié le 07 février 2003 - 18:16

Un rebondissement qui remet en cause la pertinence de la rencontre, estime le CICR.

«Pour l'heure, la réaction de l'administration Bush est négative», confirme la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey.

Mais rien n'est encore vraiment joué. Puisque la liste définitive des participants à la réunion de Genève ne sera connue que mardi.

Quoi qu'il en soit, il n'y aura probablement pas d'Américains à Genève. Et, à coup sûr, pas d'Irakiens.

Vendredi matin, en effet, Le Temps a confirmé que l'Irak n'était tout simplement pas invité à la réunion d'experts de Genève.

Selon le quotidien romand, plusieurs pays, dont les Etats-Unis, auraient fait part à Micheline Calmy-Rey de leur opposition à la présence irakienne.

Et, à en croire Le Temps, la Suisse aurait été «contrainte de décommander l'Irak».

Il s'est passé quelque chose en coulisses

«Notre absence à cette réunion est pour le moins curieuse», note Samir Al-Nima, ambassadeur de la mission irakienne auprès des Nations unies à Genève.

Et d'ajouter: «L'Irak est tout de même l'alpha et l'oméga de cette réunion, et le pays le plus directement concerné».

Informé par un simple coup de fil de son homologue suisse en poste à Genève, le diplomate irakien n'est pas dupe.

«Il s'est passé quelque chose en coulisses, commente-t-il. Les autorités helvétiques doivent savoir de quoi il s'agit.»

Et Samir Al-Nima de conclure: «Nous avons de bonnes relations avec la Suisse et nous aimerions les conserver. Nous saluons les efforts accomplis par votre ministre des affaires étrangères».

Le CICR n'a pas pris de décision

«Pour nous, réagit Nada Doumani, le fait que l'Irak ne soit pas invité pose un problème. D'autant que ce pays est concerné au premier chef.»

«L'absence de l'Irak et des Etats-Unis pose la question de la pertinence de cette rencontre», ajoute la porte-parole du Comité international de la croix rouge (CICR).

Et elle conclut: «Nous n'avons pas encore décidé si nous allions participer ou non à cette rencontre».

Eviter de déraper dans le politique

En l'absence de représentants du régime de Saddam Hussein, ce sont des responsables de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui défendront les intérêts irakiens.

La réunion de Genève sera présidée par Micheline Calmy-Rey en personne. En présence des représentants de trente Etats et de quinze organisations humanitaires.

La cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) souligne qu'il ne s'agit que d'une rencontre «technique». Et qu'il faut à tout prix éviter de «déraper dans le politique».

«Au plan humanitaire, lance la ministre des Affaires étrangères, tout ce qui est possible doit être entrepris. Avant, pendant et après une éventuelle guerre.»

Une initiative mûrement réfléchie

«Cette rencontre a été soigneusement réfléchie et préparée», insiste Micheline Calmy-Rey. Qui répond ainsi aux différentes critiques émises en Suisse et à l'étranger.

Et d'ajouter que cette réunion humanitaire aura lieu de toutes les manières. Et qu'elle est totalement indépendante de la «réunion de la dernière chance» que la Suisse s'est offerte d'organiser.

A en croire le DFAE, cette deuxième proposition - faite au Secrétaire d'Etat colin Powell à Davos - «tient toujours».

Marc-André Miserez et les agences

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