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Sans surprise, Niklaus Huber jette l'éponge

Jugé trop rigide par certains, Niklaus Huber se plaignait par sa part de manquer de moyens.

(Keystone Archive)

On s'y attendait depuis quelques semaines, mais cette fois c'est fait: Niklaus Huber, chef de la division de lutte contre le blanchiment d'argent, démissionne avec effet immédiat. Kaspar Villiger l'a annoncé mercredi. Un départ motivé par des «divergences» de vue entre le haut fonctionnaire et sa hiérarchie.

Au cours d'une conférence de presse, le ministre suisse des finances Kaspar Villiger n'a pas voulu préciser les circonstances exactes de cette démission. Le ministère s'est borné à indiqué que «des divergences croissantes sont apparues en ce qui concerne le rôle du chef de l'Autorité de contrôle et ses priorités en matière de direction.»

En fait, Nilkaus Huber se plaignait, depuis quelques temps déjà, notamment dans la presse dominicale, d'un manque d'effectifs et de moyens. Il déplorait par ailleurs, lui aussi, certains désaccords avec ses supérieurs.

Niklaus Huber avait également été l'objet de plaintes de la part des intermédiaires financiers. Avec la nouvelle loi anti-blanchiment, ces intermédiaires doivent contrôler l'origine de leurs fonds pour obtenir une autorisation. Or, ils estimaient que Niklaus Huber appliquait la loi d'une façon trop sticte, ce qui les obligeaient à beaucoup de bureaucratie.

Kaspar Villiger reconnaît que l'organisme connaît quelques problèmes de fonctionnement. Mais il promet une amélioration de la situation, notamment grâce à l'engagement de collaborateurs supplémentaires.

Le ministre souligne toutefois que des doutes sur le travail effectué sont «inacceptables». Motif ? La Suisse est à la pointe en matière de lutte contre le blanchiment.

De son côté, le groupe parlementaire socialiste se dit «consterné» par la démission de Niklaus Huber. Dans un communiqué, le parti dénonce le manque de moyens affectés à la lutte contre le blanchiment.

Pour le PS, une telle situation illustre clairement le manque de volonté politique dans ce domaine. Réponse du berger à la bergère: Kaspar Villiger a chargé le socialiste Armand Meyer (62 ans) de prendre la succession ad interim de Niklaus Huber.

Armand Meyer est un ancien président du Tribunal de commerce de Zurich. Il a, en outre, accompli plusieurs missions d'observation d'élections à l'étranger. Mais il devrait être assez vite remplacé.

Le poste de chef de l'Autorité de contrôle sera prochainement mis au concours. Et, selon le Département des finances, il devrait être repourvu dans les «meilleurs délais».

Quant à Niklaus Huber, il ne disparaît pas encore complètement de la scène. Afin d'assurer la continuité, il est disposé à rester à la disposition du directeur de l'Administration fédérale des finances en tant que conseiller spécialisé dans la lutte contre le blanchiment.

Olivier Pauchard, Palais fédéral


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