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Shampoings colorants: attention au cancer!

L'institut d'oncologie de la Suisse italienne a organisé la 9e conférence sur le lymphome.

(swissinfo.ch)

Lors d’un congrès à Lugano, une étude européenne établit un lien entre l'usage fréquent de ces teintures et l'apparition de tumeurs des glandes lymphatiques.

Cette première mondiale a fait sensation lors de la 9e Conférence internationale sur les lymphomes malins qui s'est terminée samedi dans la ville tessinoise.

Dirigée par l'oncologue et virologue espagnole Silvia de Sanjosé de l'Institut catalan d'oncologie de Barcelone, l'étude a fait sensation parmi les 3300 médecins du monde entier réunis de mercredi à samedi à Lugano.

L’équipe de la doctoresse de Sanjosé, composée de chercheurs espagnols, italiens, allemands, tchèque, irlandais, finlandais et français, a planché pendant des mois sur 4843 patients atteints du cancer dans les sept pays européens dont proviennent les auteurs de l'étude.

La fréquence augmente de 20%

«Sur ces 4843 cancéreux, 2302 étaient atteints de lymphomes malins, explique la doctoresse Silvia de Sanjosé. 1250 d’entre eux, pour la plupart des femmes, avaient fréquemment utilisé des shampoings colorants tout au long de leur vie.»

La recherche de l’Institut catalan d’oncologie de Barcelone a démontré un usage régulier de shampooings colorants chez 72% des femmes examinées et chez 6,6% des hommes.

«Nous avons pu établir que, chez ces sujets-là, la fréquence des lymphomes était de 20% supérieure que chez les malades qui n'avaient jamais fait usage de teintures.»

L'oncologue espagnole reste cependant prudente. «Nous sommes parvenus à la conclusion, souligne-t-elle, que les relations avec les colorants étaient plus fortes avec ceux fabriqués avant 1980. Il est possible que ceux qui datent d'après 1980 soient beaucoup moins nocifs grâce aux contrôles, toujours plus sévères, de l'industrie cosmétique.»

L’équipe va maintenant s’atteler à établir avec précision le lien de cause à effet, un lien qui doit être consistant et prouvé sur une période déterminée.

Dans l’attente d’autres résultats

Le lien existe, affirme la chercheuse catalane, mais il doit être déterminé avec précision. Ainsi, l'étude présentée à Lugano est en passe d'être complétée par des données ultérieures provenant d'autres pays dans le monde entier. Ces résultats seront illustrés lors d’un nouveau congrès en juillet prochain à New York.

«Nous allons maintenant étendre nos recherches sur les nouvelles teintures. Nous avons pu constater, d’après les expériences effectuées sur des animaux de laboratoire, que certaines des substances cancérogènes contenues dans les colorants peuvent évoluer génétiquement» conclut Silvia de Sanjosé.

Revirement

L’étude présentée à Lugano va à l’encontre d’une affirmation faite à Lugano en 1996, lors de la 6e Conférence internationale sur les lymphomes malins, par le médecin et député tessinois Franco Cavalli, directeur de l’Institut oncologique de la Suisse italienne (IOSI) et organisateur du congrès.

«Des études menées aux Etats-Unis et en Europe démontrent que les teintures pour cheveux ne provoquent pas ce type de cancer» avait-il déclaré à l’époque.

Le docteur Cavalli a corrigé le tir cette semaine: «Il y a neuf ans, a-t-il expliqué à swissinfo, nous disposions de données trop vagues pour étayer une telle théorie. L’étude espagnole présentée ces jours-ci fournit des chiffres précis et révélateurs.»

swissinfo, Gemma d’Urso, Lugano

Faits

3300 chercheurs de 75 pays ont pris part à la 9e Conférence internationale sur les lymphomes malins.
Le lymphome est le terme utilisé pour désigner les cancers du système lymphatique dans les ganglions, la rate, le thymus, les amygdales et la moelle osseuse.
Son apparition a doublé en 30 ans, touchant en moyenne 1500 Suisses par an (moins de 10% du total des tumeurs).
Diagnostiquée à temps, la tumeur a un taux de guérison élevé, sinon elle peut tuer en 6 mois.
Sur 360'000 personnes (1300 en Suisse) frappées chaque année dans le monde, 200'000 (650) meurent.

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En bref

- Depuis 1981, la Conférence internationale sur les lymphomes malins est organisée tous les 3 ans par l’Institut d’oncologie de de Bellinzone, dirigé par Franco Cavalli.

- 70 travaux sélectionnés parmi 800 ont fait le point sur les recherches en cours.

- Mercredi, le prix de la Fondation San Salvatore de Lugano a été remis à l’oncologue américain George P. Canellos de Boston.

- Jeudi, 746 participants à la Conférence ont formé une chaîne humaine dans l’enceinte du «Parco Ciani» de Lugano, battant le record du «bouche à oreille» dans le «Guiness Book».

- Le coût de la Conférence dépasse le demi-million de francs.

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