Trop d'acides gras "trans" dans les aliments

Les produits à base de pâte feuilletée peuvent contenir de fortes doses de ces acides gras. Keystone

Deux chercheurs zurichois tirent la sonnette d'alarme: nous absorbons trop d'acides gras dits "trans", nuisibles pour la santé.

Ce contenu a été publié le 30 janvier 2007 - 12:42

Mardi, les scientifiques ont rencontré des représentants de l'industrie alimentaire et des autorités sanitaires. Ils demandent une déclaration de ces substances et une réduction des teneurs.

Les acides gras "trans" ne sont pas encore très connus du grand public. Et pas davantage sous leur sigle anglais de TFA. Pourtant, nous en mangeons beaucoup et même en faibles quantités, ils font du mal à notre organisme, favorisant la formation du "mauvais" cholestérol qui bouche les vaisseaux sanguins.

Depuis février 2006, Paolo Colombani et Martin Scheeder, de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), travaillent sur l'étude «TranSwissPilot», soutenue par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Dans ce cadre, ils ont examiné 120 aliments de consommation courante, afin d'y traquer les TFA.

Certes, ces acides gras se trouvent en petites quantités dans la nature. Mais l'industrie alimentaire les produit artificiellement, en quantités bien plus élevées, notamment lors du processus dit d'hydrogénation au cours duquel une huile liquide est transformée en graisse solide.

On en trouve partout

Les deux chercheurs ont constaté que plus de 8% des graisses contenues dans certains croissants ou autres produits à base de pâte feuilletée peuvent être des TFA. Suivant les catégories d'aliments concernés, ces taux peuvent varier entre presque rien et 19 ou 20%.

A l'exception des margarines, des produits pour le petit déjeuner et des huiles végétales fabriqués à partir d'un seul oléagineux, les teneurs en TFA peuvent aller de très faibles à très élevées dans tous les groupes de produits analysés.

Paolo Colombani et Martin Scheeder en déduisent qu'il n'est pas possible de généraliser et de dire que tel ou tel groupe de produits contient davantage ou moins de ces acides qu'un autre.

L'exemple du Danemark

Pourtant, ni la Suisse ni l'Union européenne ne connaissent de valeurs limite ou d'obligations de déclaration de la présence des TFA.

Seule exception: le Danemark, qui limite à 2% la part de ces substances dans les graisses d'un aliment et qui tente de sensibiliser le reste de l'UE.

Paolo Colombani est bien conscient que ces valeurs limite représentent une restriction commerciale, mais il souligne que l'obligation de déclaration existe déjà aux Etats-Unis, au Canada et dans certains pays latino-américains.

Des mesures à prendre

Selon les deux scientifiques de l'EPFZ, les fortes variations qu'ils ont relevées prouvent que le taux de TFA dans les aliments n'est pas une fatalité.

Mardi, ils ont rencontré des représentants de l'industrie alimentaire et de l'OFSP pour leur expliquer les mesures possibles. De leur côté, les deux géants suisses du commerce de détail Migros et Coop ont déjà décidé d'appliquer la limite danoise des 2%.

L'OFSP rappelle quant à lui qu'en mangeant quotidiennement des fruits et des légumes et en renonçant, par exemple, aux produits frits, les consommateurs absorberont peu de TFA.

swissinfo et les agences

Les acides gras "trans"

Aussi nommés TFA, selon l'appellation anglaise Trans Fatty Acids, ils sont produits notamment par:

- hydrogénation (solidification) d'huiles végétales, dont un des produits finis est la margarine,
- chauffage à haute température d'huiles, de matières grasses et d'aliments contenant des acides gras insaturés. On retrouvera alors des TFA dans les produits finis, comme les biscuits, les gâteaux, les céréales de petit-déjeuner enrichies en graisses ou les frites.

Les TFA ont des effets défavorables sur le taux de graisses dans le sang et augmentent ainsi le risque de maladies athérosclérotiques (vaisseaux bouchés).

L'Office fédéral de la santé publique recommande donc d'en absorber le moins possible. Ainsi, il est préférable de ne pas trop consommer d'aliments frits, de biscuits, de gâteaux et de viennoiseries ainsi que de produits laitiers complets et de viande de boeuf ou d'agneau à forte teneur en graisses.

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