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Secret et mensonge

Quand la BD remet en cause 2000 ans d'histoire chrétienne. (éditions Glénat)

«Le Triangle Secret», c'est le titre d'une série passionnante créée par le scénariste français Didier Convard. Religion, ésotérisme et mensonge doublement millénaire sont au rendez-vous.

En sept tomes, dont le troisième est à paraître le 24 avril, c'est 2000 ans d'histoire que Didier Convard nous propose de parcourir. Pour illustrer son propos, il a fait appel à Gilles Chaillet, Denis Falque, Christian Gine, Paulk, Pierre Wachs et André Juillard.

L'intrigue? Deux chercheurs, Didier Mosèle et Francis Marlane, par ailleurs francs-maçons, travaillent sur les fameux manuscrits de la Mer morte. Après 9 ans de travail, Francis Marlane, qui a découvert quelque chose d'énorme, est assassiné. Et Didier Mosèle va partir sur ses traces... En marge de tout cela, un ouvrage rare, un 5e évangile nommé «Le Testament du fou».

«Le Triangle Secret» est donc une enquête policière, mais surtout une quête historico-spirituelle... Et le choc est là dès le 1er tome: Jésus, remplacé à la dernière minute par son frère, n'est jamais mort sur la Croix.

Dans ce récit, seuls deux «courants», dirons-nous, détiennent la vérité: d'un côté le Vatican, qui vit donc sur un mensonge, et de l'autre, la tradition initiatique, avec, selon une théorie désormais connue, le lien qui aurait uni successivement Templiers, Cathares, puis Francs-Maçons. Une théorie que Didier Convard n'est de loin pas seul à proposer.

Pourtant, à la fin de chaque épisode, l'auteur précise: «Le Triangle Secret est une oeuvre de fiction bâtie sur l'interprétation de quelques faits historiques qui m'ont influencé. Le Triangle Secret n'est qu'un récit romanesque et je prie le lecteur de ne l'aborder qu'en tant que tel».

Faut-il vraiment le croire? «Non, bien sûr», répond-il en riant. «Disons que mon souci n'est pas de heurter la sensibilité de certains lecteurs, mon souci est de faire un travail d'auteur à partir de récits, de légendes, entre guillemets, et de quelques faits».

Et d'ajouter: «On ne peut pas cacher qu'il y a, dans la légende, un secret qui aurait été passé comme un témoin entre toutes les sociétés ésotériques. Mais je crois que j'ai donné à ce secret une couleur particulière et une chair qui m'est propre. Je l'ai symbolisé par le Christ, mais je n'ai pas de preuve que ce soit là le véritable secret».

Didier Convard a-t-il essuyé des réactions outrées? «Réactions outrées de journaux d'extrême-droite. Sinon, non, j'ai même fait des conférences où j'ai eu des débats avec des gens de religion, et je n'ai pas ressenti d'agressivité».

Sur la prolifération de nouvelles lectures de l'affaire Jésus-Christ, quel est le point de vue de Didier Convard? «Je crois que nous avons suffisamment souffert d'absorber l'histoire telle qu'elle nous était contée, qui était une histoire d'imagerie populaire».

«Nous sommes quelques-uns à désirer fouiller entre les lignes, et justement, réhabiliter des figures comme Jésus par le travail que l'on fait. Je crois que ce n'est pas appauvrir ces grandes figures que d'essayer de les rendre plus humaines ou plus fortes, et de les retirer de la religiosité».

Bernard Léchot

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