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Si tout le monde se donnait la main...

En marge de l’exposition «Traces», se tient vendredi à Neuchâtel un colloque réunissant l’essentiel des institutions actives au profit du patrimoine photographique helvétique.

Aux yeux des organisateurs, l’urgence est à une réelle harmonisation du travail à l’échelle nationale.

En regroupant sur un même site le Fotomuseum de Winterthour et la Fondation suisse pour la photographie, la Suisse s’était dotée l’an dernier d’une sorte de centre national de la photographie.

Un centre de compétence que la Confédération considère comme son partenaire privilégié en matière de conservation du patrimoine dans ce domaine.

Cette naissance s’est fait dans la douleur. Mauvaise humeur d’autres acteurs du monde de l’image, frustrés que leur travail ne soit pas reconnu à sa juste valeur par l’Office fédéral de la culture (OFC), querelle sur la répartition des subsides fédéraux, l’automne photo 2003 a été chaud.

La polémique est aujourd’hui retombée et des solutions de principe ont été trouvées. Berne va notamment mettre sur pied une commission consultative. Elle devrait rendre plus lisibles les demandes soumises à l’OFC.

Sans grande cohérence

Reste que le patrimoine photographique suisse fourmille d’acteurs. Et que ces derniers travaillent sans grande cohérence, et souvent sans savoir ce que fait le voisin.

«Il y a urgence à s’organiser, à définir une politique d’ensemble, à mettre sur pied un organisme de programmation», estime le directeur de l’Institut suisse pour la conservation de la photographie.

«Nous devons être efficaces face aux finances qui rétrécissent et à l’augmentation du nombre de fonds photographiques à prendre en charge», poursuit Christophe Brandt.

Directeur du Musée suisse de l’appareil photographique de Vevey, Jean-Marc Yersin se rendra vendredi à Neuchâtel avec un certain nombre de suggestions.

Il proposera par exemple de donner mandat à l’Association suisse des institutions pour la photographie de recenser les missions patrimoniales de chacun. Et d’en verser le résultat sur internet, «pour que tout le monde sache qui fait quoi, indique Jean-Marc Yersin. Une structure de coordination permettra aussi de mettre en évidence les lacunes».

Un institut très fragile

Jean-Marc Yersin signale déjà quelques chantiers à ouvrir. Parmi eux, la conservation de la mémoire des méthodes (photographie horlogère par exemple), de celle de la photo publicitaire ou des travaux de nombreux photographes des années soixante arrivant aujourd’hui à la retraite.

Quant au travail de restauration photographique et l’expertise (recherche, documentation et formation) qui lui est liée, il repose quasi exclusivement sur les épaules de l’Institut suisse pour la conservation de la photographie, constate Jean-Marc Yersin.

«Or, cet institut n’est pas public, donc très fragile. Il faut œuvrer pour lui trouver un ancrage plus proche des administrations publiques, avertit Jean-Marc Yersin. Son utilité publique, à l’image d’un musée, doit absolument être reconnue».

swissinfo, Pierre-François Besson

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