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Skyguide, gendarme du ciel suisse

Skyguide est chargée de la surveillance de l’ensemble du trafic aérien, militaire et civil. Keystone

Mandatée par la Confédération, la société gère le contrôle aérien militaire et civil. Skyguide se retrouve aujourd'hui au coeur du drame.

Ce contenu a été publié le 02 juillet 2002 - 18:53

Lundi, aux environs de 23h30. Comme d'habitude, il y a peu de trafic dans le secteur dont est responsable le centre de contrôle aérien de Zurich. Cinq avions sont en l'air, en tout et pour tout.

Situation calme, donc. L'un des deux spécialistes de Skyguide en service cette nuit-là en profite pour prendre une pause. Son collègue reste seul à sa place. Il sera le témoin d'une véritable tragédie.

Alors que le Boeing de DHL file vers le nord, l'aiguilleur suisse prend en charge, à 23h30, le Tupolev de Bashkirian Airlines, à la suite de ses collègues de Münich. Huit à dix minutes auparavant, il devait avoir reçu des informations précises concernant ce vol.

Une réaction tardive ?

Plusieurs minutes vont pourtant passer avant que le contrôleur zurichois ordonne au pilote du Tupolev d'entamer une descente, pour éviter une collision. Un ordre donné «une bonne minute» avant la collision, selon les responsables de Skyguide.

Le journaliste Sepp Moser, spécialiste de l'aviation, est surpris face au comportement du contrôleur aérien. «ll a attendu très longtemps avant d'entreprendre quelque chose. Il aurait pu reconnaître le danger 13 à 16 minutes avant la collision.»

«Il y a dans l'aviation des règles de séparation, 9 miles en latéral et 1000 pieds en vertical, explique à swissinfo le patron de Skyguide, Alain Rossier. C'est au contrôleur de faire en sorte que ces séparations soient respectées.»

«En l'occurrence, il a décidé de faire descendre l'avion à ce moment-là, ce qui correspond tout à fait aux règles, ajoute le responsable de Skyguide. Avec les conséquences qu'ont connaît.»

De son côté, Anton Maag, le chef du centre de contrôle de Zurich, reconnaît que la situation en question était «juste», mais «totalement tolérable.»

Collaboration entre la Suisse et l'Allemagne

Il faut rappeler que l'Allemagne délègue à la Suisse, depuis plusieurs décennies, le contrôle aérien sur une surface de plusieurs milliers de kilomètres carrés, au sud de son territoire. Motif : la proximité de l'aéroport de Zurich.

Une série d'accords lient ainsi Skyguide à son homologue allemande, Deutsche Flugsicherung (DFS). «Nous collaborons très bien avec nos voisins allemands depuis des années», déclare Anton Maag.

«Les procédés mis en œuvre entre nos centres de contrôle sont organisés en fonction des standards habituels, qui sont utilisés plus ou moins partout dans le monde», poursuit t-il.

Et Anton Maag d'expliquer: chaque avion est annoncé à l'avance au centre de contrôle voisin. Avec les données nécessaires sur le moment et l'altitude de survol du point où se fera le passage de témoin.

Vive polémique sur l'espace aérien

Alain Rossier le souligne: «cet accident dramatique n'a absolument rien à voir avec la discussion qui a lieu actuellement sur le thème de l'accord aérien». Il faut tout de même rappeler que l'espace aérien du sud de l'Allemagne est au centre d'une polémique.

Ce sont les limites que veux imposer le gouvernement allemand au survol de son territoire par les avions à destination de Kloten qui posent problème. A tel point que le Conseil national vient, le mois dernier, de rejeter l'accord signé entre les deux pays.

Le traité doit encore passer devant la Chambre des cantons, cet automne. Mais l'Allemagne a déjà menacé, en cas de rejet, de reprendre le contrôle de son espace aérien jusqu'à la frontière.

Une telle mesure, avait averti Skyguide début juin, aurait des retombées néfastes en terme d'efficacité. Pour l'aéroport de Kloten, mais aussi pour le trafic en général. Cette région étant l'un plus importants carrefours européens.

Skyguide, dont le siège est à Genève, est une société contrôlée à 99,85% par la Confédération. Elle est chargée depuis le début de l'année passée de la surveillance de l'ensemble du trafic aérien, militaire et civil.

Elle occupe 1400 personnes, réparties dans les aéroports de Zurich, Genève, Berne, Lugano et Sion, ainsi que dans différents aérodromes militaires, à Dübendorf, Payerne, Emmen, Meiringen et Locarno.

swissinfo/Pierre Gobet à Zurich

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