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Gianni Frizzo est entré aux ateliers CFF de Bellinzone en 1979.

(swissinfo.ch)

Durant plus d'un mois, Gianni Frizzo a été le leader incontesté des grévistes des ateliers CFF Cargo de Bellinzone. Portrait à l'occasion du 1er mai de ce syndicaliste et tapissier-décorateur, devenu symbole de la lutte ouvrière.

Son visage et son nom ont fait la Une des médias d'ici et d'ailleurs. «El Pais» de Madrid et «La Repubblica» de Milan, pour ne citer qu'eux, l'ont décrit comme l'homme qui a mis fin à la sacro-sainte paix du travail en Suisse et redonné un sens au mot grève.

En août, il fêtera ses 52 ans. Marié, père et déjà grand-père de deux petites-filles, Gianni Frizzo vit à San Vittore, premier village du Misox (Grisons) sur la frontière tessinoise. La lutte syndicale et ouvrière, il y croit dur comme fer. Et ce, pas seulement à Bellinzone ou dans le reste du Tessin, mais dans toute la Suisse.

Un mouvement parti d'en bas

«Un mouvement comme le nôtre est parti d'en bas, même s'il a ensuite été soutenu par les syndicats. Mais tout est parti des travailleurs qui ont lutté corps et âme pour défendre leurs droits», déclare-il à swissinfo.

Tapissier-décorateur de formation, Gianni Frizzo avait 23 ans en 1979 lorsqu'il entrait aux ateliers CFF de Bellinzone. A cette époque, il militait déjà dans les rangs du SEV, le syndicat du personnel des transports. D'abord secrétaire puis président de la section locale, il a toujours présidé la commission du personnel des ateliers. C'est donc tout naturellement qu'à la proclamation de la grève, le 7 mars dernier, il a pris la tête du mouvement.

Bas les pattes!

La création du comité de soutien «Giù le mani dalle officine» (bas les pattes des ateliers) remonte à 2000. «Il a été constitué après la fermeture des ateliers CFF de Biasca», explique Gianni Frizzo. Une fermeture que les protestations n'avaient pas suffi, alors, à empêcher.

Ainsi, la grève dont les échos ont largement dépassé les frontières cantonales, a été précédée de nombreuses manifestations et assemblées du personnel. «Nous n'avons jamais rien fait de plus que de défendre nos droits, les droits des travailleurs.»

Les 33 jours de suspension du travail, très médiatisés, ont porté leurs fruits. La direction des CFF a accepté de retirer le plan de restructuration des ateliers tessinois. Leur avenir doit être débattu lors d'une table ronde qui se réunira le 14 mai à Lucerne.

Solidarité importante

Gianni Frizzo n'en doute pas: «nous disposons de tous les éléments pour gagner la lutte» dit-il. Il évoque le soutien massif de tout le Tessin, de la population aux politiciens: «la solidarité des gens a joué un grand rôle».

C'est ce qui a peut-être manqué aux ex-grévistes de Swissmetal à Reconvilier (Jura bernois) qui ont vécu une expérience similaire en 2007. «Une délégation d'entre eux est venue à trois reprises à Bellinzone. Les contacts ont été enrichissants, même si leur situation n'était pas comparable à la nôtre.»

Mais pour le leader des ouvriers de Bellinzone, la lutte syndicale a toute sa place en Suisse: «il faut alimenter la flamme», lance Gianni Frizzo, plus que jamais convaincu du bien-fondé de la grève interrompue le 9 avril.

Autres choix à Fribourg et à Bienne

Comment explique-t-il, dès lors, que les collègues de CFF Cargo à Fribourg et Bienne n'aient pas suivi le mouvement? «A Fribourg et Bienne, le personnel n'était pas uni comme ici, les choix ne se sont pas faits de la même manière.»

Et l'homme Gianni Frizzo, comment sort-t-il de cette tourmente? Devenu une figure populaire en peu de temps, propulsé sur le devant de la scène, décrit par certains comme un «mythe» allant jusqu'à être comparé à Che Guevara, il a gardé la tête froide.

«Ma vie a effectivement été bouleversée par les événements liés à la grève, mais pas parce que je suis devenu un personnage public. J'ai beaucoup de responsabilités et j'en suis conscient. Mais je ne suis pas seul, tout le comité est derrière moi. La force d'un vrai leader est de savoir choisir ses collaborateurs», dit-il en guise de conclusion, le sourire aux lèvres.

swissinfo, Gemma d'Urso à Bellinzone

Histoire d'une grève

7 mars: début de la grève à l'annonce du plan de restructuration de CFF Cargo prévoyant la suppression de 401 emplois à Bellinzone, Bâle, Fribourg et Bienne.

Durant 33 jours, les 430 employés occupent la grande halle de la peinture, transformée en véritable «village» avec bar, cantine, salle de presse et centre syndical. Fêtes, concerts et conférences s'y sont tenus en soirée et en fins de semaine.

10 mars: le ministre des Transports Moritz Leuenberger convoque une table ronde. Plusieurs rencontres entre les parties ont lieu. Les négociations sont difficiles.

2 avril: 10'000 personnes protestent dans les rues de Bellinzone. Le gouvernement tessinois (une première!) marche avec les manifestants. Les CFF publient leur bilan annuel: l'exercice 2007 boucle avec un bénéfice en baisse de 69%, malgré un record de passagers.

3 avril: Marco Solari, médiateur nommé par Moritz Leuenberger, rencontre les grévistes et détermine les bases d'une table ronde.

5 avril: les protagonistes acceptent de participer à une table ronde sur l'avenir des ateliers de Bellinzone. Lors d'une rencontre de plus de trois heures à Berne sous la houlette de Moritz Leuenberger, les CFF se disent prêts à retirer leur projet et les grévistes à mettre fin à leur mouvement, suspendu le 9 avril.

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