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Commerce équitable: bénéfique pour tous!

Même dans le commerce équitable, les personnes qui cueillent le café sont mal payées.

Le commerce équitable contribue à un rééquilibrage social. C'est ce que révèle une étude réalisée en Bolivie sur mandat du Secrétariat d'Etat à l'économie.

Mieux: même les producteurs de café non directement impliqués dans le commerce équitable en profitent.

Réalisée par la Fondation Swisspeace, l'enquête a porté sur deux coopératives boliviennes de commerce équitable occupant au total 500 producteurs de café. Pour pouvoir comparer, les chercheurs ont également passé sous la loupe deux entreprises privées comptant 1500 employés. Celles-ci travaillent selon des méthodes traditionnelles dans la plaine bolivienne.

Principale différence: les producteurs suivant les méthodes du commerce équitable reçoivent, outre un salaire minimal, des primes pour les projets de la communauté. La plupart du temps, ce sont des femmes qui décident de l'utilisation de ce revenu supplémentaire. Elles l'investissent souvent dans la santé et l'éducation.

Les familles de ce groupe se sont donc aussi révélées en meilleure santé que celles des producteurs conventionnels. Elles disposent aussi de vastes compétences concernant les plantations de café biologique, un savoir qu'elles utilisent également pour les cultures de fruits et de légumes, ce qui, globalement, améliore aussi leur vie quotidienne.

Réduction de la pauvreté

«Dans le cadre protégé de la coopérative, le commerce équitable permet d'augmenter les capacités de façon progressive, ce qui pose les bases d'une réduction durable de la pauvreté», explique Sandra Imhof, sociologue et co-auteure de l'étude de Swisspeace.

Le risque de conflits sociaux s'en trouve également réduit. En Bolivie, le fossé social entre Indiens et blancs est grand, comme l'avaient montré, une fois de plus, les troubles de 2006.

Parmi les Indiens, les producteurs de café font presque toujours partie des groupes sociaux les plus défavorisés. Ils vivent souvent dans une extrême pauvreté.

Prix plus élevé grâce à la concurrence

Mais les producteurs intégrés dans des structures de commerce équitable ne sont pas seuls à en profiter. Ainsi, depuis l'arrivée d'acheteurs de commerce équitable sur le marché local, les prix du café ont progressé davantage dans cette région qu'en moyenne mondiale.

Manifestement, estiment les auteurs de l'étude, c'est la conséquence d'une concurrence accrue entre acheteurs. Celle-ci garantit un prix plancher. Les acheteurs traditionnels ont été forcés de s'adapter.

«Le commerce équitable améliore aussi, indirectement, les revenus de ceux qui ne sont pas impliqués dans ses structures», résume Andrew Lee, co-auteur de l'étude, économiste à l'Europainstitut de l'Université de Bâle.

Découvertes d'abus

L'enquête menée en 2006 a aussi permis de mettre à jour des conditions de travail pas très équitables. Ainsi, il est apparu que les auxiliaires employés pour les récoltes étaient aussi mal payés que chez les producteurs conventionnels.

«Le problème est connu», note Martin Rohner, directeur de la Fondation Max Havelaar, comptant parmi les acheteurs des coopératives étudiées. A l'avenir, cet aspect sera intégré dans les critères que les exploitations doivent remplir pour obtenir la certification requise.

Secrétariat d'Etat à l'Economie

Le Secrétariat d'Etat à l'Economie (seco) fait office de centre de compétences du gouvernement pour les principales questions de politique économique.

La Suisse leader

Le Secrétariat d'Etat à l'Economie (SECO) estime que les résultats de l'étude, dont il est le commanditaire, appuient sa stratégie d'encouragement du commerce équitable dans le cadre de la coopération commerciale au développement.

«Pour les producteurs, le commerce équitable porte ses fruits, note Hans-Peter Egler, chef du secteur Coopération commerciale et technologie environnementale du SECO. Il a en outre des effets bénéfiques, en termes de réduction de la pauvreté, sur tout l'environnement concerné.»

L'objectif est, rappelle Hans-Peter Egler, de renforcer la position des producteurs locaux, afin qu'ils ne soient pas sans défense face aux variations du prix du café sur les marchés mondiaux. C'est la raison pour laquelle le SECO avait soutenu le développement de Max Havelaar, voilà quinze ans.

Selon le SECO, la fondation, qui a son siège à Bâle, a fortement contribué à la place de la Suisse dans le hit-parade des consommateurs de commerce équitable: la première.

swissinfo et Katharina Schindler, InfoSud
(Traduction de l'allemand: Ariane Gigon Bormann)

Fondation Max Havelaar

Le but du commerce équitable est de permettre aux producteurs des pays en voie de développement de sortir de la pauvreté, en leur offrant des garanties de prix et des primes.

Le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) soutient ce principe de l'encouragement au commerce dans le cadre de la coopération commerciale au développement.

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BOLIVIE

La Bolivie compte 9,1 millions d'habitants, dont la moitié sont des Indiens.
Le revenu par tête s'élève à 2720 dollars US.
Entre 1990 et 1994, 42,2% des Boliviens vivaient avec moins de 2 dollars par jour.
5% des habitants sont pauvres, dont 40% le sont extrêmement.
La Bolivie produit chaque année 7,5 millions de tonnes de café, dont 6 millions de tonnes sont exportées.
38% du café bolivien est produit selon les règles du commerce équitable.

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L'EXEMPLE MAX HAVELAAR

La Fondation Max Havelaar attribue un label aux produits provenant de régions du sud pratiquant le commerce équitable et respectant des standards sociaux et respectueux de l'environnement.

Le label Max Havelaar existe pour la banane, l'ananas, la mangue, l'avocat, le jus d'orange, le café, le thé, le cacao et le chocolat, le miel, le sucre, le riz, les fleurs, des plantes ainsi que des textiles.

Le café provenant du commerce équitable occupe 4% du marché en Suisse, alors que 0,01% du chiffre d'affaires mondial du café provient du commerce équitable.

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