Les jeunes Suisses de l’étranger doivent prendre l’initiative

«Cette rencontre avec les jeunes Suisses de l’étranger et l’enthousiasme que je peux lire dans leurs yeux me font chaud au cœur», s’est exclamé le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis (au premier rang, costume bleu) lors du dernier Congrès de la 5e Suisse à Montreux. ASO/Adrian Moser

L’YPSA, la communauté des jeunes Suisses de l’étranger, relance ses activités avec une nouvelle vision. L’accent sera mis sur la formation et la participation dynamique des membres.

Ce contenu a été publié le 23 février 2020 - 11:00
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Pendant leurs quatre premières années d’activité, les membres de l’YPSA ont dû faire face à des obstacles qui les ont empêchés de développer la communauté comme ils l’avaient imaginé. «La première difficulté est certainement la distance», note le président sortant Roberto Landolina.

Bien sûr, Skype, WhatsApp et les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, YouTube ou Meetup permettent de communiquer facilement avec le monde entier. Mais les enfants du numérique de la 5e Suisse engagés dans ce projet se sont rendu compte qu’à eux seuls, ces canaux ne suffisent pas à donner vie à une communauté mondiale. 

YPSA est l’acronyme anglais de «Parlement des jeunes Suisses de l’étranger». L’association est née en 2015, avec pour but de créer une communauté en réseau qui permette aux Suisses âgés de 15 à 35 ans et dispersés dans le monde entier d’entrer en contact, d’échanger des informations, de partager des expériences, de former des groupes dans leurs pays de résidence respectifs, d’organiser des événements et de monter des projets.

Fondée avec le soutien de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE) et représentée au Conseil des Suisses de l’étranger (CSE), l’YPSA n’en est pas moins indépendante et fonctionne de manière autonome. Apolitique, elle vise à soutenir la formation civique des jeunes Suisses de l’étranger et elle est membre de la Fédération suisse des parlements des jeunes (FSPJ). Tous les deux ans, les membres de l’YPSA élisent un comité de 8 à 13 personnes, chargé de représenter et de promouvoir leurs intérêts et de coordonner leurs activités.

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Pour grandir, la communauté des jeunes Suisses de l’étranger doit modifier sa propre orientation, explique Roberto Landolina, qui accompagne dans ses premiers mois le nouveau comité élu à la fin de l’année dernière pour la période 2020-22.

«Nous voulons en faire une communauté de jeunes, non seulement par son nom, mais aussi par ses idées», souligne cet étudiant en ingénierie spatiale de l’École polytechnique de Turin, qui collabore à des projets de l’Agence spatiale européenne. Roberto Landolina et la nouvelle présidente Jacqueline Siffer ont déjà collaboré étroitement l’année dernière pour définir les objectifs et la stratégie de l’YPSA pour les deux ans à venir.

Se faire connaître et offrir des opportunités

Pour pouvoir relier entre eux les jeunes Suisses disséminés dans le monde, «il faut d’abord les atteindre, afin de leur donner la possibilité d’interagir avec l’YPSA, d’être nos membres actifs, et de créer des groupes dans leurs pays de résidence», indique Roberto Landolina. Pour cela, l’YPSA devrait pouvoir compter sur un réseau établi de clubs suisses à l’étranger. Mais ceux-ci «n’existent pas dans tous les pays, ou alors ne sont pas suffisamment développés».

Ces dernières années, le comité de l’YPSA a tenté de résoudre ce problème en passant par les consulats et les ambassades. «Grâce notamment à l’engagement du Département fédéral des Affaires étrangères, via les représentations suisses, des lettres de présentation sont envoyées aux jeunes Suisses de l’étranger pour nous faire connaître et chercher à les impliquer dans notre processus», informe Roberto Landolina.

Mais la nationalité helvétique à elle seule ne suffit pas à inciter les jeunes Suisses de l’étranger à participer à l’YPSA: «la communauté doit montrer qu’elle a quelque chose à offrir», souligne l’étudiant. L’idée des membres du comité est d’inciter les jeunes à s’engager en leur donnant «l’occasion de développer leurs compétences personnelles et sociales (‘soft skills’), soit ces compétences de plus en plus exigées des jeunes, par exemple travailler en équipe ou analyser une situation pour ensuite résoudre un problème».

Roberto Landolina, que nous avions rencontré au Congrès des Suisses de l’étranger à Montreux en août 2019, a passé le témoin de la présidence de l’YPSA à Jacqueline Siffer. Mais la communauté pourra encore compter sur son engagement et son expérience. swissinfo.ch

Le système de formation suisse comme catalyseur

Roberto Landolina est convaincu que les questions d’éducation et de formation sont d’un grand intérêt pour les jeunes, particulièrement en lien avec la Suisse. «Sur la base de mon expérience personnelle, j’estime que près de 80% des jeunes cherchent des informations à caractère éducatif. On me pose très souvent des questions sur l’éducation et la formation en Suisse», raconte l’étudiant.

Satisfaire cette demande devrait donc à son avis constituer la grande priorité de l’YPSA, même si ce ne sera bien entendu pas son seul domaine d’activité. Le nouveau comité partage cette conviction, et il s’est mis à la tâche.

Il a organisé des interviews en ligne d’une dizaine de minutes avec des personnalités et des experts de différents secteurs. Les demandes devront être formulées par des membres de la communauté, qui seront stimulés à agir par des propositions et des initiatives diverses.

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Collaborations externes

Le comité a déjà de nombreuses idées pour les développements futurs. Mais pour le moment, le manque de moyens financiers empêche l’YPSA d’organiser des événements et des ateliers. Pour surmonter cet obstacle, le comité travaille à établir des liens avec d’autres organismes établis.

Depuis le congrès de l’Association des Suisses d’Italie à Palerme en mai 2019, «nous avons établi une collaboration officieuse avec deux grandes associations d’étudiants, qui font le lien entre le monde universitaire et le monde du travail», explique Roberto Landolina.

Groupes de travail ciblés

Mais les jeunes Suisses de l’étranger doivent aussi être conscients que les clés de la croissance et de la vitalité de la communauté sont entre leurs mains — et elles se nomment participation active. Pour la stimuler, le comité de l’YPSA mettra en place des groupes de travail gérés par ses membres.

Un groupe s’occupera de la communication. Il devra renforcer et améliorer la présence de l’YPSA sur les réseaux sociaux. Ces derniers seront des instruments fondamentaux pour la communauté. Parallèlement, le comité cherchera à créer et à développer autant de clubs que possible dans les différents pays.

Le défi de l’YPSA est lancé. Il appartient maintenant aux jeunes Suisses du monde entier de montrer qu’ils sont suffisamment réceptifs et proactifs.

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