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Derrière le sida, le grand retour de la syphilis

La syphilis, dont l'agent pathogène est la bactérie Treponema pallidum, touche tout particulièrement la Suisse en Europe.

A l’occasion de la Journée mondiale du sida, la Suisse présente son programme de lutte 2011-2017. Nouveauté: celui-ci intègre de plus en plus les autres maladies sexuellement transmissibles. Parmi elles, la syphilis qui est en forte augmentation depuis 10 ans.

En Suisse comme dans le reste du monde, le sida reste un problème sanitaire majeur qu’il convient d’éradiquer. La journée mondiale du sida de mercredi l’a une fois de plus rappelé.

Mais ces dernières années, ce problème du sida a parfois fait oublier le fait que bien d’autres maladies pouvaient être transmises lors de relations sexuelles non protégées. Parmi elles, on relève tout particulièrement la syphilis, qui fait un grand retour depuis dix ans.

En cette année 2010, l’Office fédéral de la santé publique a enregistré 1026 nouveaux cas de syphilis (état au 29 novembre). Ces chiffres sont notablement plus élevés qu’en 2009 (716 cas) et en 2008 (665).

Inversion de tendance

La majeure partie des cas de syphilis enregistrés en Europe concernent des homosexuels masculins, a expliqué à swissinfo.ch la doctoresse Nicola Low, de l’Université de Berne. «La maladie est en revanche peu fréquente parmi les hétérosexuels».

A la différence du virus VIH, la syphilis se transmet facilement à travers les rapports sexuels oraux. «Souvent, les patients ne sont pas conscients d’avoir la syphilis, du moment que les lésions primaires, qui se présentent sous forme d’ulcères, ne sont pas douloureuses», poursuit la doctoresse.

Mais comment expliquer que les cas de syphilis se soient multipliés depuis 10 ans, alors qu’ils avaient diminué au cours des années 1990? «Cela signifie probablement qu’il y a davantage de relations sexuelles non protégées», estime le professeur Hansjakob Furrer, de l’Hôpital de l’Ile à Berne.

«Dans les années 1990, tout le monde connaissait quelqu’un qui était mort ou qui était en train de mourir du sida, poursuit-il. C’était une bonne raison de se protéger et d’utiliser des préservatifs. Il y a donc eu un déclin de la syphilis. Je pense qu’après 2000, très peu de jeunes individus ont vu un patient atteint du sida, raison pour laquelle il y a davantage de rapports sexuels non protégés.»

Une maladie sous-évaluée

La Suisse est le pays le plus touché au niveau européen. Avec une moyenne de 11,7 malades pour 100'000 habitants, la Suisse bien en dessus de la moyenne continentale (5 sur 100'000).

La cause d’une telle augmentation réside probablement dans l’approche de la maladie. Suite au progrès de la médecine (antibiotiques plus efficaces) et à la baisse observée dans les années 1990, la lutte contre la syphilis n’était plus une priorité. Un fait confirmé par la décision des autorités de la santé publique de renoncer aux déclarations obligatoires des laboratoires entre 1999 et 2005.

«Nous avons cru à tors pouvoir économiser des coûts», a commenté Nicola Low dans les colonnes du journal dominical NZZ am Sonntag.

Selon l’organisation Aide suisse contre le sida, Internet a aussi contribué à propagation de la syphilis. «Nous avons constaté qu’il y sur la toile de plus en plus de conseils pour trouver des endroits où avoir des rapports sexuels non protégés», a indiqué Bettina Measchli, membre de l’Aide suisse contre le sida, dans la NZZ am Sonntag.

Enfin, il manque aux médecins suisses des lignes directrices pour traiter les cas de syphilis. «Les autres pays disposent en revanche de directives nationales, par exemple en ce qui concerne l’information au partenaire et les contrôles successifs à effectuer auprès des patients malades», ajoute Nicola Low.

Programme national

Le gouvernement suisse a pris conscience du problème. Son nouveau programme national de lutte contre le sida, adopté la semaine dernière et présenté mercredi par le ministre de la Santé Didier Burkhalter, intègre ainsi pour la première fois d’autres infections sexuellement transmissibles (IST).

D’autant qu’il existe un rapport direct entre le virus du sida et les autres maladies. «Les IST jouent un rôle moteur dans la propagation du VIH: quiconque est atteint d'une autre IST contractera plus rapidement le VIH, tandis que les personnes séropositives ayant en plus une IST sont davantage contagieuses», explique le communiqué officiel.

Le programme national vise une nouvelle fois à rappeler les règles du «safer sex» auprès des groupes à risques: homosexuels, drogués, prostituées, migrants provenant de pays très touchés, etc. L’intégration des IST au programme a conduit à compléter ces règles classiques d’une nouvelle: la consultation d’un médecin en cas de démangeaison, d’écoulement ou de douleurs dans la région génitale.

La mise en œuvre de ce programme national, valable jusqu’en 2017, est doté de 9 millions de francs par an. L’objectif est de réduire de moitié le nombre de tests positifs au VIH et aux nouvelles IST.

Syphilis

La syphilis est une maladie qui se développe de manière chronique. Son agent pathogène est la bactérie Treponema pallidum.

La syphilis est principalement transmise à travers les muqueuses lors de relations sexuelles. Elle peut aussi être transmise à l’enfant pendant la grossesse ou à la naissance.

Dans un stade primaire, la syphilis se manifeste environ trois semaines après la contamination par de petites plaies rosées (appelées chancres) indolores dans les muqueuses. Celles-ci disparaissent sans traitement après 4 semaines.

Le stade secondaire apparait trois à dix semaines après le chancre. Il se caractérise surtout par des éruptions cutanées multiples. Celles-ci disparaissent également sans traitement, mais peuvent réapparaitre de manière irrégulière.

La syphilis devient véritablement dangereuse dans son stade tertiaire, après plusieurs années de développement. Elle détruit alors le système nerveux central et le cœur, ce qui peut entraîner la mort.

Depuis les années 1940, la syphilis se traite bien à tous les stades grâce à des injections de pénicilline.

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Avec la collaboration de Susan Vogel-Misicka, swissinfo.ch


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