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En Italie, l’amiante d’Eternit tuerait encore

Selon le maire de Casale Monferrato, ville piémontaise où siégeait la plus importante filiale de la société Eternit SA Italia, la contamination à l'amiante fait «encore 50 morts par année» dans sa cité. Et le maximum sera atteint en 2020.

«Ceci nous préoccupe beaucoup», a dit lundi le maire, Giorgio Demezzi, en témoignant au procès en cours devant le tribunal de Turin contre les ex-responsables du groupe Eternit SA Italia, le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny et le baron belge Jean-Louis Cartier de Marchienne, jugés par contumace.

Le maire a expliqué comment le siège d'Eternit - ouvert jusqu'en 1986 et qui comptait 2000 ouvriers - est encore en cours d'assainissement: de la fabrique même jusqu'aux toits des maisons voisines et à la rive droite du Pô.

A en croire la géologue Laura Turconi, mandatée par le Ministère public, l'entreprise y aurait versé 20 tonnes de déchets par semaine. Ces résidus toxiques auraient formé une «petite île contaminée» et dévié le lit naturel du fleuve.

Stephan Schmidheiny et Jean-Louis Cartier de Marchienne sont accusés d'homicides intentionnels pour les décès provoqués par l'exposition à l'amiante.

Selon l'accusation, ils étaient responsables de quatre usines d'amiante d'Eternit SA Italie. Le procureur Raffaele Guariniello leur reproche d'avoir, entre 1966 et 1986, négligé les mesures de sécurité sur les lieux de travail.

Les inculpés encourent des peines de prison allant de deux à douze ans et des centaines de millions d'euros de dédommagements sont en jeu. Le procès, qui a débuté le 10 décembre, durera plusieurs mois.

swissinfo.ch et les agences


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