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La Suisse, porteuse d'eau à Stockholm

Les enfants sont les principales victimes d'un approvisionnement déficient en eau.

(Keystone)

Pionnière dans ce domaine, la Suisse veut profiter de la 17e Semaine mondiale de l'eau qui se tient jusqu'à dimanche à Stockholm pour partager son expérience.

Quelque 2500 professionnels venus de 140 pays sont réunis pour aborder les problèmes du réchauffement climatique, des biocarburants ou encore des installations sanitaires.

«La Suisse est certes petite, mais elle fait partie des dix pays ayant la plus grande influence dans le domaine de l'eau», relève Sybille Vermont, adjointe scientifique à la division des affaires internationales de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Comme deux membres de la Direction du développement et de la coopération (DDC), elle fait partie de la délégation helvétique envoyée à la Semaine mondiale de l'eau qui a débuté dimanche dernier dans la capitale suédoise.

S'y côtoient des spécialistes issus des agences de l'ONU, des gouvernements, des ONG, des universités, ainsi que des milieux économiques. Jeudi, c'est l'Américain Perry McCarty, professeur à l'université de Standford en Californie, qui a reçu le Prix de l'eau 2007 pour ses travaux sur le traitement des eaux usées.

La Suisse en avance

Pour la Suisse, cette réunion d'une semaine est l'occasion de faire passer ses idées. «Ayant tiré les leçons d'erreurs commises dans le passé, la Suisse s'est dotée d'une législation de pointe», explique Sybille Vermont. Ce sont surtout les nations en développement que la Suisse est en mesure d'aider. «Le message que nous tenons à faire passer est que cela coûte cher de réparer les choses après coup», déclare l'experte de l'OFEV.

Les thèmes abordés au cours des ateliers et des conférences de la semaine sont nombreux - du réchauffement climatique à l'assainissement en passant par les biocarburants -, mais la Suisse tient à mettre l'accent sur certains d'entre eux, tel que la gestion de l'eau dans l'agriculture.

Autre point important pour l'OFEV: le paiement des services fournis par les écoystèmes. La bonne gestion d'une forêt qui procure de l'eau de bonne qualité devrait ainsi être reconnue comme telle et récompensée. Quant à la liaison avec le secteur privé, elle constitue un point clé pour la réussite d'une politique axée sur le développement durable.

Enfin, la Suisse estime qu'il est indispensable que l'ONU se dote d'un processus intergouvernemental, où le thème de l'eau serait abordé de façon régulière, comme c'est le cas pour les forêts.

Améliorer l'assainissement

Chef de la section Eau et hygiène urbaine dans les pays en développement (Sandec) à l'Institut fédéral de science et technologie de l'eau, Christian Zurbrügg, relève à ce propos que l'engagement des gouvernements est toujours plus important, mais que beaucoup reste à faire dans ce domaine.

«Les gens réalisent que nous ne sommes pas dans la bonne voie en matière d'hygiène urbaine. Mais l'envie de faire mieux est là et cet élan est très positif», confie-t-il à swissinfo. Présent à Stockholm, il relève que jusqu'ici cette problématique n'a pas été vue comme étant très «sexy», mais il espère que cette situation changera en 2008, décrétée année internationale de l'assainissement.

«Près de 2,6 milliards d'êtres humains ont un accès insuffisant à une hygiène de base. Du point de vue médical, les installations d'épuration défectueuses et un traitement inadéquat des eaux usées sont à l'origine de nombreuses maladies diarrhéiques», poursuit Christian Zurbrügg.

L'équilibre, un défi

«En principe, nous évitons de parler de crise en ce qui concerne l'eau car ce n'est globalement pas le cas», indique pour sa part Monta Vessela, directrice de l'Alliance internationale pour la gestion de l'eau de pluie (IRHA), une ONG basée à Genève.

«Il existe des zones où la situation est tendue et d'autre où elle empire. Dans celles-là, la prise de conscience s'accentue quant à la nécessité d'éviter des migrations massives et d'améliorer la qualité de vie en améliorant l'approvisionnement en eau», souligne-t-elle.

Pour elle, le défi majeur de la gestion des ressources mondiales en eau sera de trouver un équilibre entre la nécessité de réduire la consommation d'eau et le besoin de maintenir une certaine qualité de vie et d'assurer la croissance économique.

swissinfo et les agences

L'eau: un bien précieux

Les ressources en eau sont précieuses, mais elles se raréfient. Plus d'un milliard d'être humains manquent actuellement d'eau. L'accès à l'eau potable est très disputé dans plusieurs régions du monde, jusqu'à être la cause de guerres.

Selon l'UNICEF, organe de l'ONU pour la protection de l'enfance, plus de 4500 enfants et 1500 adultes meurent chaque jour pour avoir bu de l'eau impropre à la consommation.

Près de 400 millions d'enfants souffrent par ailleurs de déshydratation et d'hygiène insuffisante. Un être humain sur six n'a pas accès à l'eau potable.

D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque être humain devrait pouvoir disposer de 100 litres d'eau au moins par jour. Près de 1,3 milliard d'individus doivent cependant faire avec beaucoup moins. Les ménages privés consomment près de 8% des ressources en eau, l'agriculture 70%.

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