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Les bénévoles fleurissent en décembre

Depuis 1990 en Suisse, les volontaires de Nez Rouge rapatrient les fêtards par trop avinés.

Depuis 1990 en Suisse, les volontaires de Nez Rouge rapatrient les fêtards par trop avinés.

(Keystone)

Pratique ancienne, le bénévolat séduit toujours un grand nombre de Suisses, même si leur nombre tend à diminuer. Ils sont particulièrement mobilisés durant les fêtes de fin d’année.

En Suisse, près de 33% de la population résidente de plus de 15 ans donne de son temps à des causes altruistes. Et ce, alors que la moyenne européenne est estimée à 25%. En tout, les Suisses ont passé environ une demi-journée par semaine à effectuer des travaux pour des associations ou à fournir une aide informelle à leurs parents et amis.

Pour Herbert Ammann, la Suisse est une nation de bénévoles. «Le concept de bénévolat est très profondément enraciné», relève le directeur de la Société suisse d’utilité publique. Cela tient, selon lui, à la façon dont l'Etat a été créé, avec des communautés locales au bénéfice d’une grande autonomie de décision. «Dans les zones de montagne, par exemple, la protection des forêts contre les catastrophes naturelles et les avalanches a longtemps été le fait de l'ensemble de la communauté mobilisée bénévolement», assure Herbert Ammann.

Au 19e siècle, les personnes qui voulaient réussir dans la société devaient assumer une charge bénévole. Mais aujourd'hui, la pression de l'urbanisation et l’allégement de la pression sociale a pour conséquence que le nombre de bénévoles diminuent, selon le directeur de la Société suisse d’utilité publique. En effet, les statistiques officielles montrent qu’environ 41% de la population ont consacré du temps à des causes humanitaires en 2000 (33% en 2010). «Ceux qui font du bénévolat aujourd’hui ont peut-être moins d'arrière-pensées concernant leur carrière ou leur réputation», estime Herbert Ammann.

Ce dernier évalue le travail non rémunéré à environ 3 à 4% du Produit intérieur brut. Mais il contribue également à la construction de la communauté, avec par exemple l’entraînement au football pour les enfants ou l'enseignement d’une langue nationale aux migrants.

Le pic de fin d’année

Noël est une période particulièrement dense pour ces bénévoles de l’assistance. Les organismes de bienfaisance tels que Tischlein Deck Dich/ Table couvre-toi collectent des produits alimentaires dont se débarrassent les détaillants pour les donner aux personnes dans le besoin.

«Nous avons environ 1600 bénévoles en Suisse sans qui Tischlein Deck Dich n'existerait pas. Ce sont ces volontaires qui assurent l’entier de la distribution des produits collectés », souligne Caroline Schneider, l’une des responsables de l’organisation. Elle ajoute que l’association, qui fonctionne toute l'année, dispose de suffisamment de volontaires. En particulier, de nombreuses retraitées manifestent leur envie de rejoindre Tischlein Deck Dich.

«C'est une activité qui a un but avec des effets bénéfiques sur le plan social et écologique. Deuxièmement, il s'agit d'un investissement de près de deux heures par semaine ou toutes les deux semaines et, troisièmement, les bénévoles rencontrent beaucoup de gens, soit les autres bénévoles ou nos clients, raconte Caroline Schneider. Il s’agit donc d’une aide de personne à personne. Ce que nos bénévoles aiment pratiquer.»

Boire ou conduire

Daniel Terrapon s’occupe, lui, de la section fribourgeoise de Nez Rouge, service gratuit qui permet aux personnes qui le désirent de se faire reconduire après des fêtes de fin d’années trop arrosées.

Lui-même a été chauffeur bénévole pendant huit ans: «J'ai toujours fait du bénévolat dans différents domaines, tels que le sport. Mais il y a quelques années, j'ai eu l’envie de passer le 31 décembre différemment et ce en participant à l’opération Nez Rouge. La relation que vous développez avec les gens avec ce travail est très intéressante. Très vite, vous avez envie d’en faire plus. Se sentir utile, avoir évité ne serait-ce qu’un seul accident de la route rend très heureux.»

Société suisse d'utilité publique

1810: fondation à Zurich par un cercle d'amis du médecin de la Ville Hans Caspar Hirzel. Elle ne s'implantera que faiblement en Suisse romande et au Tessin.

Elle s'appuyait sur les principes des Lumières et poursuivait des buts patriotiques; elle mettait l'accent sur le bien commun et, dans les premières décennies, elle s'occupa surtout de lutter contre la pauvreté et d'encourager la formation, l'éducation et le progrès économique.

1834: première intervention publique avec la coordination de la collecte destinée aux victimes de graves inondations survenues dans les Préalpes.

1859: rachète la prairie symbolique du Grütli pour en faire cadeau à la Confédération.

Fortune: passe de 180’000 francs en 1910 à 5,7 millions en 1980, puis à 63 millions en 2009.

A l'origine de la création de plusieurs institutions privées de bienfaisance, telles que Pro Juventute (1912), Pro Senectute (1917), la Fondation suisse d'encouragement à la réalisation de maisons de commune et de salles de réunion (1918) et Pro Mente Sana (1978).

La Société suisse d'utilité publique donna naissance à la Conférence nationale suisse pour le travail social (1932) qui fonda l'Aide suisse aux montagnards (1942).

1934: à l'origine de la création du Bureau central des œuvres de bienfaisance (Zewo).

Après 1990, réoriente sa politique, prônant un renforcement du bénévolat et de la responsabilisation sociale.

Source : Dictionnaire historique de la Suisse

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Traduction et adaptation de l’anglais: Frédéric Burnand, swissinfo.ch


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