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Pour concilier l'aventure et la sécurité

La nouvelle réglementation concernera notammenr le canyoning.

(Keystone)

Le Valais veut que les touristes puissent épancher leur soif d'aventure de la manière la plus sûre possible. Il est le premier canton à légiférer en matière d'activités de plein air à risques.

Valable pour les guides de montagne et les professeurs de ski, la nouvelle réglementation concernera aussi les professionnels actifs dans le domaine des sports extrêmes à la mode, tels le canyoning ou le saut à l'élastique.

Le Haut-Valaisan Herbert Volken est un professionnel de la montagne confirmé. Agé de 58 ans, ce natif de Fiesch a obtenu son diplôme de guide de montagne en 1971. Cervin, Dom ou pointe Dufour, les sommets valaisans les plus connus n'ont pas de secret pour lui.

Sa longue expérience n'est cependant pas une garantie absolue de sécurité. Marié et père de cinq enfants, il fait tout ce qui est humainement possible pour réduire les risques au minimum à chaque fois qu'il accompagne un groupe en montagne.

Faire de même sera désormais un devoir en Valais, grâce à la loi sur l'exercice des professions de guide de montagne et de professeurs de sports de neige, ainsi que sur l'offre d'activités à risques. Un texte qui devrait entrer en vigueur au début 2008

Garder la main

Comme son nom l'indique, la nouvelle loi concerne les guides de montagne et les moniteurs de ski, mais aussi les professionnels actifs dans le domaine des sports extrêmes, soit tous ceux qui offrent, moyennant rémunération, des activités de plein air à risques. «Ces gens doivent impérativement connaître leur métier», estime Herbert Volken.

En tant que président de la commission valaisanne des guides de montagne et professeurs de ski, il a pris part à l'élaboration de la nouvelle réglementation. Pour lui, le but est d'offrir aux touristes des mesures optimales en matière de sécurité. «Ils paient aussi pour cela», souligne le Haut-Valaisan.

Reste qu'en légiférant avant tout le monde, le Valais espère bien en tirer avantage. «Nous faisons ce travail de pionnier dans l'idée de garder la main par rapport à ce qui se passe au plan fédéral», indique Jean-Michel Cina, ministre valaisan de l'Economie et promoteur de la loi cantonale.

Visée protectionniste

Parmi les points forts de la nouvelle législation figurent l'obligation d'obtenir une autorisation d'exercer, la mise en place de standards de formation et de formation continue, ainsi que l'obligation de contracter une assurance responsabilité civile. Le but étant d'assurer à la fois la sécurité et la qualité des prestations.

«Aujourd'hui, il est possible de proposer du saut à l'élastique sans disposer ni d'une autorisation ni d'une couverture d'assurance», ajoute Jean-Michel Cina.

La mise en place de garde-fous a cependant aussi une visée protectionniste. Il s'agit en effet de stopper la croissance anarchique des écoles de ski et de mettre de l'ordre dans l'offre foisonnante des guides de montagne.

«Des guides autoproclamés sans qualification reconnue conduisent des touristes sur les glaciers. Or c'est le cas typique où il faut avoir des connaissances spécifiques dont seul un guide agrée dispose», souligne Herbert Volken.

Libre circulation

Sur le plan législatif, la nouvelle loi valaisanne a passé en première lecture au Parlement cantonal. Les discussions sur l'ordonnance d'application sont encore en cours. La question de savoir si le responsable d'un groupe de randonneurs peut tomber sous le coup de la loi, comme le prévoit la version actuelle, fait en effet débat.

«Les statistiques des clubs alpins suisses montrent clairement que la majorité des accidents de montagne concernent des randonneurs et pas des alpinistes», argumente Herbert Volken.

Autre point discuté, la libre circulation des professionnels actifs dans les sports de montagne, aussi bien au sein même de la Suisse qu'au-delà des frontières. Un moniteur suisse de ski ne devrait pas seulement pouvoir offrir ses services à Verbier ou à St. Moritz, mais aussi à Chamonix, en France.

«A l'heure actuelle, un moniteur suisse de ski est considéré seulement comme un stagiaire en France, alors qu'un collègue français peut dispenser des leçons en Valais», précise Herbert Volken.

Conséquence du drame du Saxetenbach

Sur le plan fédéral, c'est également Jean-Michel Cina, alors député, qui a exigé en 2001 une loi-cadre pour réglementer les offres commerciales en matière de sports extrêmes.

Son initiative faisait suite à deux drames survenus dans le cadre d'activités à risques offertes par la même agence d'aventures bernoise. En 2000, un accident mortel de saut à l'élastique avait eu lieu à Stechelberg, précédé, en 1999, par un grave accident de canyoning dans les gorges du Saxetenbach, où 21 personnes avaient perdu la vie.

Malgré cela, le Conseil fédéral (gouvernement) et la commission compétente avaient pour leur part refusé de donner suite à l'initiative Cina. Lors de la dernière session d'été, le Conseil national (Chambre du peuple) a néanmoins crée la surprise en décidant de la remettre à l'ordre du jour.

Jean-Michel Cina, lui, se dit confiant quant à l'avenir d'une loi fédérale dans ce domaine. «Contre la volonté du Conseil fédéral et d'une partie des parlementaires bourgeois, le Conseil national a montré qu'il est vraiment nécessaire d'agir», estime-t-il.

swissinfo, Renat Künzi
(Traduction de l'allemand: Carole Wälti)

Sports extrêmes

Dans les Alpes, les activités de plein-air sont encadrées essentiellement par des guides de montagne et des professeurs de sport de neige.

Dans le domaine des sports extrêmes, de nouvelles offres sont apparues récemment: canyoning, rafting, saut à l'élastique, spéléologie, parapente, parachute et base jumping (saut en parachute depuis un objet fixe) notamment.

Or les accidents sont nombreux. En Suisse, le dernier date du 11 juillet: une adolescente de 15 ans a perdu la vie lors d'un accident de zodiac sur la Sarine à Saanen (BE).

En 1999, 21 personnes avaient perdu la vie lors d'un accident de canyoning dans les gorges du Saxetenbach, au-dessus d'Interlaken (BE). Il s'agit de l'accident le plus important jusqu'ici en Suisse.

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Bientôt une loi?

Malgré les risques élevés que comportent les sports extrêmes en montagne, les organisateurs commerciaux de telles activités ne sont soumis à aucune loi.

En 2001, le Valaisan Jean-Michel Cina, alors conseiller national, a demandé que le Parlement édicte une loi fédérale sur les sports extrêmes et les activités de plein air à risques.

Le Conseil fédéral (gouvernement) a pour sa part estimé qu'il s'agissait là de l'affaire des cantons de montagne. En juin, le Conseil national (Chambre du peuple) a cependant refusé de classer l'initiative Cina et s'est prononcé pour une loi fédérale.

Les cantons, dont certains ont commencé à élaborer leur propre loi sur le sujet, attendent que la situation soit claire au niveau fédéral.

Seul le Valais est pour l'instant allé de l'avant. La loi valaisanne sur l'offre d'activités commerciales à risques devrait entrer en vigueur l'hiver prochain.

Jusqu'ici, 30 organisateurs d'activités extrêmes ont été certifiés par la fondation 'Safety in Adventures', à laquelle certains cantons sont partie prenante.

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