Les expatriés mettent le cap sur l’Asie

De plus en plus de jeunes expatriés viennent étudier en Suisse. Keystone

La Cinquième Suisse est désormais forte de près de 716'000 personnes. En 2012, l’Asie a continué d’enregistrer la plus forte progression, mais la majorité des expatriés demeure en Europe. L’Organisation des Suisses de l’étranger fait aussi état d’une augmentation des étudiants expatriés en Suisse.

Ce contenu a été publié le 23 janvier 2013 - 13:58
Isabelle Eichenberger, swissinfo.ch

En 2012, le nombre de Suisses installés à l’étranger a augmenté de 12'072 personnes (+1,72%) par rapport à 2011 pour atteindre 715'710 personnes, soit 10% de la population helvétique dans son ensemble. Cette progression se poursuit au fil des ans, si bien que le nombre d’expatriés a doublé depuis 1980.

«Dans un monde qui se globalise, les Suisses sont très mobiles, commente Ariane Rustichelli, porte-parole de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE). En pourcentage absolu, avec une augmentation de 5,69% en 2012, l’Asie, avec la Chine, continue d’enregistrer la plus forte progression pour la cinquième année consécutive. On peut supposer que c’est pour des raisons économiques et professionnelles.»

Parallèlement, le poids politique de la Cinquième Suisse s’accroît aussi puisque sa population équivaut à celle du troisième plus grand canton, celui de Vaud. Le nombre d’expatriés en mesure d’exercer leurs droits de citoyens a encore augmenté de 4,1%, passant à 149’165 électeurs. L’OSE se félicite de voir «un quart de nos compatriotes en âge de voter (556'756 personnes), et même 31,25% en Europe, inscrits sur le registre électoral de leur commune».

Etudier en Suisse

«Au cours des derniers mois, les demandes des Suisses de l’étranger qui souhaitent se renseigner sur les possibilités d'étudier en Suisse, pour eux-mêmes ou pour un membre de la famille, ont augmenté de 650 en 2011 à 770 en 2012», indique Fiona Scheidegger, responsable de l’AJAS. Soit une progression de 18,4%.

«La majorité des demandes vient de Suisse même, des parents restés ici. Cette année, les demandes de Suisses de Grèce, d'Espagne et d'Italie sont nettement plus nombreuses qu'auparavant», précise Mme Scheidegger. Les demandes annuelles des deux derniers pays ont même doublé en deux ans. Comme du reste les demande d’information sur les bourses.

Cette augmentation s’explique-t-elle par la crise économique qui frappe le sud de l’Europe? Faut-il s’en inquiéter? Non, car les chiffres restent plutôt modestes, répond Ariane Rustichelli. «Ces jeunes viennent faire des études dans les hautes écoles, ils veulent découvrir la Suisse et ils restent parfois quelques années ensuite pour y travailler.»

Et d’ajouter: «Même s’ils repartent ensuite dans leur deuxième pays, puisqu’ils sont souvent binationaux, on peut supposer qu’ils auront des postes importants et les liens étroits qu’ils auront tissés avec la Suisse ne peuvent que leur être utile. Je dirais que les études en Suisse sont une richesse encore trop peu exploitée.»

Aides aux expatriés

L’Aide sociale aux Suisses de l’étranger de l’Office fédéral de la justice soutient les expatriés qui s’adressent à une représentation du pays de résidence.

Répondant aux conditions des prestations de prévoyance et adaptée au niveau de vie du pays de résidence, cette aide prévoit des prestations mensuelles, le paiement de frais d’hospitalisation et de médecin, des contributions aux assurances sociales, des aides transitoires, voire un séjour en institution.

L’aide sociale est aussi accordée aux personnes souhaitant revenir en Suisse, mais qui n’en ont pas les moyens. Elles peuvent ensuite s’adresser aux services sociaux de leur commune ou canton d’origine.

De son côté, l'OSE dispose d’un fonds allouant des prêts sans intérêt pour ceux qui cherchent à revenir.

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Plus de départs que de retours

La crise économique affecte-t-elle les Suisses d’Europe? L’unité de l’Aide sociale aux Suisses de l’étranger de l’Office fédéral de la justice annonce une augmentation de 50% des bénéficiaires entre 2011 et 2012. «L’année dernière, 80 expatriés sont revenus en Suisse et ont reçu de l’aide», indique Sandro Monti, collaborateur de l’unité.

Ce dernier précise que, sur ces 80 cas, «une majorité concerne des personnes de plus de 50 ans et 28 cas des expatriés revenus d’Espagne». Il ajoute que la Confédération verse par ailleurs une aide sociale à 323 Suisses vivant toujours à l’étranger et démunis pour diverses raisons. Notamment parce que «les personnes à très petit revenu sont particulièrement fragiles dans des pays où la situation économique se détériore».

A l’OSE, Ariane Rustichelli remet les choses dans leur contexte: «il y a dans les 440'000 Suisses en Europe, dont environ 25'000 en Espagne, cela relativise les choses». «Si 28 Suisses d’Espagne sont revenus en Suisse dans le besoin, ce chiffre ne me semble pas très inquiétant.» Rappelons que, lors de la crise économique qui avait frappé l’Argentine au début des années 2000, 400 binationaux étaient revenus en Suisse durant la seule année 2002.

Connaît-on les mouvements des Suisses de l’étranger avec précision? Pas vraiment. «Les chiffres sont difficile à établir avec exactitude, on ne sait pas très bien pourquoi les Suisses partent et reviennent, répond Ariane Rustichelli. Ce qui est sûr, c’est que, quand on regarde les chiffres de ceux qui partent et reviennent, il y en a toujours plus qui partent.»

AJAS

L'Association pour l'encouragement de l'instruction de jeunes Suisses de l'étranger a été fondée en 1962. Cette association à but non lucratif est en majeure partie financée par l'Office fédéral de la culture et par des dons privés.

Elle dispense informations et conseils, notamment en matière de bourses d’études. Elle peut également accorder des subsides complémentaires.

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