Solidaire ne rime pas avec Berne

swissinfo.ch

Le canton de Berne ne financera pas la future compagnie aérienne. D'autres cantons pourraient suivre, sans que le projet soit menacé.

Ce contenu a été publié le 16 janvier 2002 - 08:12

Le gouvernement bernois motive sa décision en invoquant des difficultés budgétaires. Il doit avant tout assainir ses finances. Il ne peut donc se permettre de verser les quelque 10 millions de francs fixés par la Conférence des directeurs cantonaux des finances.

L'exécutif bernois brandit également des considérations de politique économique. «Il s'agit d'un investissement à très haut risque, ce qui n'est généralement pas une mission des pouvoirs publics», souligne le gouvernement dans un communiqué.

Un business plan toujours d'actualité

«Cette décision ne remet pas en cause le business plan de la nouvelle compagnie», tempère d'emblée Patrick Jeandrain, porte-parole de Crossair.

L'approbation ce week-end par le canton de Zurich d'une contribution de 300 millions de francs au capital de la future compagnie permet même de lancer le projet dans sa dimension la plus large, soit avec 26 long-courriers et 26 moyen-courriers.

«La décision de participer des autres cantons permettra de voir si l'ensemble de la Suisse souhaite ou non créer une compagnie nationale», estime Patrick Jeandrain.

Mais, justement, rien n'indique pour l'heure qu'il existe une unanimité dans ce domaine. Hormis Berne, Soleure a également fait savoir qu'il ne débloquerait pas les 3 millions demandés par la Conférence des directeurs cantonaux des finances.

En revanche, les deux demi-cantons de Bâle ont annoncé une participation de 31 millions de francs.

Du côté des cantons romands, l'incertitude reste également de mise. Le gouvernement vaudois est favorable à une participation de 3,9 millions de francs. Mais le Parlement cantonal s'y oppose.

Les gouvernements valaisan, fribourgeois et jurassien, eux, n'ont pas encore soumis la question à leurs Parlements. Neuchâtel lie sa participation à la mise en place d'un plan social, tout comme Genève.

Plan social en vue

«Je crois savoir qu'un plan est en route», précise à swissinfo Carlo Lamprecht. Le responsable de l'économie genevoise fonde cette déclaration sur des entretiens qu'il a eus jeudi dernier avec André Dosé, le patron de la nouvelle compagnie.

Mais Genève a formulé trois autres conditions à sa participation. Le canton aéroportuaire demande un business plan lisible. «Nous voulons savoir comment l'argent public est investi», souligne Carlo Lamprecht.

Genève veut également des garanties concernant de nouvelles lignes long-courriers au départ de Cointrin et ce, même si elles devaient être déployées dans un deuxième temps. La contribution genevoise sera donc de 10 millions pour chaque vol long-courrier supplémentaire.

La 4ème condition liée à la participation de l'ensemble des autres cantons n'est pas prioritaire, selon Carlo Lamprecht.

Le chef de l'économie genevoise estime d'ailleurs qu'une réflexion plus approfondie sur les liaisons aériennes à l'intérieur de la Suisse aurait peut-être facilité l'adhésion de l'ensemble des cantons: «J'aurais souhaité une étude sur les liaisons internes qui tiennent compte des aéroports de Berne et de Lugano. Un premier niveau sur lequel pourrait reposer le réseau européen et international de la future compagnie».

Frédéric Burnand

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