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Sommet de l'information: ... la Suisse attend

Berne n'avait guère hésité à jouer la carte genevoise pour le Sommet mondial sur la société de l'information. Genève héberge l'UIT, elle a déjà pris des initiatives nord-sud en la matière, elle a l'expérience des sommets. Mais la décision tarde et les Suisses s'inquiètent.

Côté suisse, le mot de passe officiel est: «on attend». On est de toute évidence convaincu que ce sommet répond à une nécessité. Plusieurs grandes institutions internationales ont déjà amorcé leur réflexion dans cette direction. Le G8 par exemple, l'an dernier à Okinawa, s'est déjà donné une charte sur la société mondiale de l'information.

«Il faut un événement qui réunisse toutes ces organisations, ce sommet représente une occasion unique à ne pas manquer» nous dit l'ambassadeur Erwin Hofer, qui dirige le domaine des organisations internationales au Département fédéral des affaires étrangères. La Suisse œuvre pour sa réussite et la candidature de Genève est claire et ferme.

L'ambassadeur Hofer dit pourtant ressentir une certaine inquiétude: «la décision aurait dû être prise, elle ne l'est pas encore, on est très proche des grandes réunions de l'été à Genève, et le Conseil économique et social de l'ONU devrait être informé en juillet de l'état des préparatifs du sommet». Or, rien encore de tout cela.

Le Chancelier de l'État de Genève, Robert Hensler, n'interprète pas pourtant ce retard comme une marque de défiance à l'endroit de la candidature suisse: «Notre offre est bonne, on est encore dans les délais, mais ça pourrait poser quelques problèmes de calendrier, il faudra tenir compte de la disponibilité de Palexpo et des hôtels».

Côté tunisien, on trouve assez normal que l'UIT prenne le temps de peser les avantages et les inconvénients de chaque candidature. «Nous avons toujours été pour une décision consensuelle, nous dit l'ambassadeur tunisien Mohamed Ben Salem, et cette décision doit être prise en toute transparence pour qu'il n'y ait pas de contestation possible».

Le représentant de la Tunisie auprès des organisations internationales à Genève n'imagine pas un échec de son pays: «Nous n'avons jamais été candidats à l'organisation d'une grande conférence internationale, mais aujourd'hui, compte tenu du fossé numérique, nous méritons qu'on nous donne cette chance».

Et d'avancer quelques arguments: «les pays du Sud sont massivement derrière nous, l'effort tunisien en matière de développement des technologies de l'information peut servir d'exemple, notre infrastructure hôtelière a fait ses preuves auprès des cinq millions de touristes qui nous rendent visite chaque année, le volet financier du sommet sera bien traité».

L'ambassadeur Ben Salem admet pourtant, sans désigner nommément personne, que la Tunisie a été victime de lobbying pour qu'elle retire sa candidature. On sait en tout cas que plusieurs ONG de défense des droits de l'homme ne voient pas d'un bon œil la tenue d'un sommet sur la société de l'information dans un pays où, disent-elles, les libertés d'opinion et d'expression ne sont pas vraiment reconnues.

Suspense oblige, la Suisse, donc, en est réduite à dire sa confiance. Elle n'attend que le feu vert de Yoshio Utsumi pour mettre en place la «task force» qu'elle a déjà dessinée. L'Office fédéral de la communication en serait alors le maître d'œuvre. Et l'expérience acquise l'an passé dans l'organisation du Sommet social devrait lui être très précieuse.

La Tunisie, selon les dires de son ambassadeur, ne veut pas d'une concurrence hostile ou acharnée entre les deux villes candidates, il y a de «très bons rapports bilatéraux» à préserver. Elle souhaite même «une très importante collaboration suisse et genevoise» si c'est Tunis qui l'emporte.

Bernard Weissbrodt


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