Sommet du G8: Gênes à feu et à sang

Les affrontements entre manifestants et la police ont été très violents Keystone

Le sommet de Gênes a été endeuillé vendredi par la mort d'un manifestant. Une mort qui a relégué au second plan la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement du G8 au palais ducal situé dans une zone interdite. De violents affrontements ont opposé les forces de l'ordre et les anti-mondialisations qui voulaient pénétrer dans cette zone.

Ce contenu a été publié le 20 juillet 2001 - 21:04

Dans la partie est du centre-ville, transformée en champ de bataille, les anti-G8 ont lancé leurs assauts en plusieurs points contre la "zone rouge". Les policiers, à plusieurs reprises, ont paru débordé par la foule. Les dizaines de milliers de manifestants italiens et étrangers, dont 15.000 activistes des "Tute Bianche" (tuniques blanches), n'ont pas réussi à entrer dans le périmètre protégé par près de 20.000 policiers, carabiniers et soldats.

Les manifestations, qui ont débuté en milieu de matinée, ont rapidement dégénéré en affrontements et en violences faisant près d'une centaine de blessés, dont certains sérieusement, selon les services de secours.

Le premier mort des manifestations anti-mondialistes

Un bilan officiel dressé par le ministère italien de l'Intérieur en fin d'après-midi a confirmé la mort d'un manifestant et fait état de deux blessés graves, un carabinier et une jeune femme. C'est la première fois depuis le début de la contestation anti-mondialisation que l'on déplore un mort.

Une soixantaine de personnes ont été arrêtés, selon la police de Gênes. Les incidents les plus graves ont éclaté près de la gare de Brignole, à quelques centaines de mètres au nord-ouest de la "zone rouge", lorsque les policiers ont voulu empêcher la manifestation des Tute Bianche (tuniques blanches) de se diriger vers les lieux du sommet.

La charge policière dans laquelle le manifestant a trouvé la mort par balle, a laissé derrière elle un chaos indescriptible et de nombreux blessés, des débris de lunettes, et même des cheveux. Les trottoirs étaient maculés de sang.

De nouveaux débordements violents pourraient survenir samedi lors de la grande manifestation présentée comme "pacifique" par la coordination du Genoa Social Forum et pour laquelle on attend environ 100.000 personnes. Jeudi, plusieurs dizaines de milliers personnes avaient manifesté sans incidents dans le centre de Gênes en faveur de la libre circulation des migrants.

A noter que les manifestations ont débordé jusqu'en Suisse, où des anti-mondialistes allemands ont manifesté devant leur ambassade à Lugano. Ces derniers avaient été refoulés jeudi à la frontière italienne. La police tessinoise a du intervenir pour les sortir de l'ambassade.

Le travail des dirigeants occulté par les violences

De leur côté les Sept (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) ont, malgré ces violences, travaillé, en déplorant la grave situation. Ils ont relevé les progrès effectués dans l'allègement de la dette des pays les plus pauvres mais n'ont pas décidé de réduction supplémentaire, voire d'annulation, comme le réclament les militants anti-mondialisation.

La dette de 23 pays pauvres a été allégée dans le cadre de l'initiative de réduction de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE, ou HIPC en anglais), lancée en 1999 par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM), dans la foulée du Sommet de Cologne. Douze autres de ces pays en difficulté sont encore dans l'attente d'une décision.

Ils se sont par ailleurs prononcés pour le "lancement d'un nouveau cycle ambitieux de négociations commerciales" dans le cadre de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Ce nouveau cycle devra "tenir compte des priorités" des pays en développement, en particulier des pays les moins avancés, écrivent les Sept pays les plus industrialisés de la planète.
Les Sept ont enfin estimé que "les fondamentaux sains" de l'économie mondiale devraient fournir une "base solide pour une expansion renouvelée".

Ils ont été rejoints peu avant 15H00 par le président russe Vladimir Poutine et par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui a annoncé le lancement officiel d'un Fonds mondial de la santé pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme notamment.

swissinfo et les agences

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