Sondage: «non» à l’initiative de limitation, «oui» aux avions de chasse

De nombreuses personnes originaires de pays de l'Union européenne travaillent en Suisse. Une majorité des personnes sondées craignent que l'économie locale ne soit affectée en cas d’acceptation de l'initiative de limitation. Keystone / Christian Beutler

Si le scrutin du 27 septembre avait eu lieu aujourd'hui, l'initiative visant à limiter l'immigration ferait naufrage. En revanche, le projet d'achat de nouveaux avions de chasse prendrait son envol. Telles sont les tendances du premier sondage de l’institut gfs.bern pour la SSR en vue des prochaines votations fédérales.

Ce contenu a été publié le 20 août 2020 - 17:00

61% contre ou plutôt contre: les sondés rejettent clairement l'initiative populaire «Pour une immigration modérée». 35% des personnes sondées sont pour cette proposition ou plutôt favorable et 4% sont encore indécis. L'initiative de l'Union démocratique du centre (UDC), un parti conservateur de droite, demande que la Suisse réglemente son immigration de manière indépendante. Son acceptation impliquerait, selon le texte de l’initiative, que l'accord sur la libre circulation des personnes conclu avec l'Union européenne (UE) en 1999 devrait être résilié dans les douze mois.

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Selon ce premier sondage, seuls les électeurs de l'UDC soutiennent le projet de loi de manière décisive (83%). Les auteurs de l'enquête ont constaté que le plus haut niveau de soutien d'un autre parti se trouve chez les Libéraux-Radicaux (PLR / droite) avec seulement 23% d’opinion favorable à l’initiative UDC.

Selon les régions linguistiques de Suisse, l'initiative de limitation présente quelques différences. Alors que 59% des personnes interrogées en Suisse alémanique seraient contre, ce taux grimpe à 71% dans la partie francophone du pays. En Suisse italienne, en revanche, 49% des sondés se déclarent opposés au texte, alors que la tendance évolue en direction du «oui».

L'enquête

Ce premier sondage de l’enquête Trend SRG-SSR sur les votations du 27 septembre 2020 a été réalisé par l’Institut de recherche gfs.bern entre le 3 et le 17 août 2020 auprès de 29'540 titulaires du droit. La marge d'erreur statistique est de +/- 2.9 % .

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La Suisse romande dit clairement «non»

Selon les régions linguistiques de Suisse, l'initiative de limitation présente quelques différences. Alors que 59% des personnes interrogées en Suisse alémanique seraient contre, ce taux grimpe à 71% dans la partie francophone du pays. En Suisse italienne, en revanche, 49% des sondés se déclarent opposés au texte, alors que la tendance évolue en direction du «oui».

L’institut GfS relève aussi que les différences d'intentions de vote selon les zones habitées de la Suisse sont significatives: «La part de ‘oui’ dans les campagnes est certes la plus élevée (38% de plutôt/fermement pour), mais même dans les zones rurales, l'initiative de limitation ne parvient pas à recueillir de majorité et la tendance va en direction du ‘non’.»

Selon l'enquête, les arguments majoritaires contre l'initiative de limitation sont les dommages craints pour l'économie: la résiliation des accords bilatéraux aggraverait la pénurie de travailleurs qualifiés et mettrait en danger la prospérité et les emplois en Suisse.

Des avions de combat prêts au décollage

La situation est bien différente avec le taux d'approbation du deuxième des 5 projets de loi soumis au vote le 27 septembre (le sondage sur les trois autres projets de loi sera publié demain à 17 heures): l'acquisition de nouveaux avions de combat est approuvée ou plutôt acceptée par 58% des répondants, 29% la rejettent et 3% sont encore indécis.

Les avions de combat F/A-18 des Forces aériennes suisses atteindront la fin de leur vie utile en 2030. Le Conseil fédéral a donc soumis au Parlement l'acquisition de nouveaux avions. Un tel programme est soumis à un référendum facultatif, qui a été adopté par la suite. La proposition sera donc soumise aux urnes le 27 septembre.

En ce qui concerne le décret fédéral sur l'acquisition de nouveaux avions de combat, le sondage révèle une «forte polarisation gauche-droite». Le plus haut niveau d'approbation a été enregistré parmi les partisans de l'UDC, avec 79% de ‘oui’. Ceux des deux partis bourgeois, le PLR et le Parti démocrate-chrétien (PDC / centre droit), approuvent l’objet à 73 et 70% respectivement. Le Parti Vert’libéral vert (PVL) est favorable à 47%, alors que chez les partisans du Parti socialiste, seuls 27% approuvent ce projet d’achat, respectivement 23% chez les Verts.

Une question de genre

Dans les régions linguistiques, la Suisse alémanique et la Suisse italienne sont les régions les plus ouvertes au projet, avec respectivement 60% et 57% d'approbation. En Suisse romande, les opinions sont partagées entre 48% de ‘oui’ et 47% de ‘non’.

L'enquête indique en outre une différence selon les genres: «50 % des femmes soutiennent actuellement l'acquisition, et 64% des hommes. Mais à ce typique fossé intersexes s'ajoute aussi un conflit générationnel. Les 18-39 ans ne sont jusqu'à présent que 48% à dire ‘oui’ à l'acquisition des avions de combat, tandis que ce taux est de 64% chez les plus de 65 ans».

Les trois arguments qui font mouche: deux tiers des sondés soutiennent plus ou moins nettement le principe d'une armée de l'air moderne. 64% soutiennent l'argument qu'une armée ne se conçoit pas sans armée de l'air efficace et 67% voient la nécessité d'une défense autonome au nom de la neutralité de la Suisse. Enfin, nombreux sont ceux qui estiment que l'espace aérien suisse sera sans protection à partir de 2030 si les avions de chasse ne sont pas remplacés.

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