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Soutien suisse à la paix du travail en Afrique australe

Il s'agit notamment d'aider à mettre en place des structures de résolution des conflits du travail.

(Keystone)

Depuis plusieurs années, la Suisse participe, avec l'Organisation internationale du travail (OIT), à la promotion du partenariat social et de la résolution des conflits socio-économiques dans cinq pays d'Afrique australe. Le bilan intermédiaire est plutôt réjouissant.

L'idée remonte au milieu des années 90. L'OIT cherchait un partenaire pour soutenir la construction économique et sociale de la nouvelle Afrique du Sud. La Suisse, de son côté, se demandait dans quel projet elle pourrait «investir» les fonds d'aide dont elle disposait. Leurs chemins se sont croisés.

«L'Afrique du Sud a un grave problème de chômage, explique Stephan Brupbacher, directeur adjoint des affaires internationales du travail au Secrétariat d'État à l'économie (seco). Elle ne pourra le résoudre que si elle obtient des investissements, lesquels posent la stabilité macro-économique comme condition. Pour cela, il faut des institutions capables de résoudre les conflits du travail».

«Dans ce domaine, poursuit-il, la Suisse présente un certain avantage comparatif. Depuis les années 30, nous connaissons la paix du travail, les partenaires sociaux ont une solide tradition de dialogue, patrons et syndicats règlent en principe les conflits sans recourir aux services de l'État».

Aujourd'hui le projet suisse de promotion de la paix du travail en Afrique australe porte sur cinq pays: Afrique du Sud, Namibie, Lesotho, Swaziland et Botswana. Il dispose d'une petite équipe de quatre personnes au bureau régional de l'OIT, à Pretoria.

Ses objectifs sont clairs: promouvoir les capacités du marché du travail par le dialogue social, assister les partenaires sociaux dans la révision de la législation du travail, aider à mettre en place des structures de résolution des conflits du travail.

Les résultats sont déjà visibles. La Commission sud-africaine de conciliation, d'arbitrage et de médiation dont la Suisse a aidé l'installation et le développement compte actuellement quelque 500 médiateurs qui doivent chaque année faire face à environ 100 000 cas de conflits.

Le plus dur, se souvient Stephan Brupbacher, c'était de faire en sorte que cette institution de conciliation soit opérationnelle dès son démarrage, ce qui impliquait préalablement un vaste projet de formation. Opération réussie, qui demande encore d'être soutenue. Le projet en cours, financé avec l'appui du Département des affaires étrangères, dépasse les deux millions de dollars.

L'autre succès qu'on tient aussi à souligner au seco, c'est la décision prise par les plus hauts cadres sud-africains de l'économie et du mouvement syndical de se rencontrer dans un «conseil du millénaire», lequel vient d'aboutir à un projet de nouvelle loi du travail avant même que les parlementaires rédigent le leur.

Quel «bénéfice» la Suisse en retire-t-elle? «Nous avons appris en tout cas deux choses, répond Stephan Brupbacher. D'abord que le dialogue social est quelque chose de crucial pour survivre et se développer dans un monde globalisé».

L'autre découverte est plus technique. Le projet soutenu par la Suisse en Afrique australe a permis de développer un système de gestion électronique des cas de conflit. Cela permet de savoir à tout moment à quel stade de la procédure se trouve chacun des arbitrages en cours.

Voilà qui garantit aussi une meilleure cohérence entre les verdicts prononcés par des juges qui peuvent, en tout temps, consulter cette base de données. Bref, un système indispensable à une vraie justice sociale et qui pourrait sans doute servir de modèle sous d'autres cieux.

Bernard Weissbrodt


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