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Stress et insécurité multiplient les problèmes psychiques

Les événements de ces dernières semaines ont augmenté le sentiment d'insécurité, et donc la vulnérabilité, des gens.

(Keystone Archive)

Le nombre de Suisses pris en charge par l'assurance-invalidité (AI) pour des raisons psychiques a triplé depuis 1986. Les spécialistes montrent du doigt le stress engendré par le monde du travail. Un problème de santé publique susceptible d'être aggravé par l'impact émotionnel des événements tragiques de ce «septembre noir».

«Il est difficile de mesurer l'impact de l'actualité sur la santé psychique des gens, estime Tedy Hubschmid, président de la Société suisse de psychiatrie et de psychothérapie. Mais il est évident que les événements de ces dernières semaines contribuent à accroître le sentiment d'insécurité et, par la même, la vulnérabilité des individus.»

Et le praticien d'ajouter: «je constate, d'ailleurs, que les attentats de New York et de Washington, la fusillade de Zoug, et les bombardements en Afghanistan ne laissent pas mes patients indifférents; ils développent des peurs irrationnelles; et j'observe fréquemment une aggravation de leurs symptômes habituels.»

Surcharge émotionnelle

Selon Tedy Hubschmid, les événements violents qui ont récemment frappé le monde et la Suisse contribuent à accentuer le stress et à favoriser les difficultés psychiques des personnes les plus fragiles.

«En lui-même, le stress n'est pas dangereux, souligne le psychiatre. C'est une dynamique indispensable à l'existence. Toutefois, ce même stress peut être ressenti de manière très négative lorsque l'on a le sentiment d'être dépassé par les événements.»

En d'autres termes, ce ne sont pas les faits mais leur interprétation qui provoque l'état de stress. Et cette tension peut encore être accentuée lorsque les situations difficiles s'enchaînent rapidement.

«Chaque individu a un seuil personnel au-delà duquel il éprouve plus ou moins de difficultés à gérer les événements, précise Tedy Hubschmid. En d'autres termes, même si les derniers soubresauts de l'actualité n'affectent pas directement les personnes, ils mobilisent à coup sûr une partie de l'énergie généralement utilisée pour faire face au quotidien.»

Le poids de la violence

Et le psychiatre de fustiger les images des attentats du 11 septembre qui ont été diffusées sur tous les écrans de télévision: «dans tous les cas, il est très difficile d'échapper à la violence véhiculée par ce type d'images et, pour des personnes déjà mentalement fragilisées, leur impact peut être dévastateur».

D'autant plus dévastateur que l'état de santé mentale, dans nos sociétés, serait toujours plus précaire. Une enquête menée en octobre 2000 dans plusieurs pays européens révèle, en effet, qu'un salarié sur dix souffre de dépression, d'angoisse, de stress, de burn-out. En Suisse, cela se traduit par le nombre de personnes au bénéfice d'une rente de l'assurance-invalidité qui a triplé au cours des quinze dernières années.

Travail toujours plus dur

Les professionnels de la santé mentale estiment que cette augmentation des maladies psychiques est en grande partie imputable aux conditions de travail des salariés. Qui sont soumis à des cadences et des pressions toujours plus fortes.

Par ailleurs, dans le monde du travail, l'insécurité grandit. «Quant aux entreprises, ajoute Tedy Hubschmid, elles sont toujours plus impersonnelles et ne suscitent plus de sentiments d'appartenance.»

Pour autant, le psychiatre souligne que le travail est également l'une des meilleures thérapies à ce type de maladie. Et qu'il est donc impératif d'améliorer la réinsertion professionnelle des personnes ayant rencontré des problèmes psychiques.

Vanda Janka


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