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Suisse-ONU: des arguments pour un débat encore à venir

L'UDC reste le seul des quatre partis gouvernementaux à rejeter toute idée d’entrée de la Suisse à l’ONU.

(Keystone)

Jeudi 5 octobre prend fin la procédure de consultation lancée par le Conseil fédéral en vue de l´adhésion de la Suisse à l´ONU. D´où la présentation, cette semaine, de quelques points de vue exprimés lors d´un colloque organisé fin septembre à Genève.

Pas de surprise. Les résultats de cette consultation ne feront que confirmer ou conforter des positions que l'on connaît depuis longtemps. L'Union démocratique du Centre (UDC) reste le seul des quatre partis gouvernementaux à rejeter toute idée d'entrée de la Suisse à l'ONU, suivi en cela par l'association ASIN, Action pour une Suisse indépendante et neutre.

Dans le camp de l'UDC, on craint très fortement que l'adhésion ne fasse que réduire la liberté d'action de la Suisse: «en travaillant dans les organisations spéciales de l'ONU à la recherche de solutions spécifiques pour le bien de l'humanité, la Suisse apporte une contribution sensiblement plus précieuse qu'en tant que membre de l'ONU».

L'ASIN, de son côté, se dit tout aussi résolue à combattre cette adhésion. Dans sa réponse à la consultation, elle annonce tout mettre en œuvre «pour que la Suisse ne soit pas dégradée de la sorte en instrument de la politique de puissance et d'intérêts du Conseil de sécurité de l'ONU».

Vendredi à Genève, le Forum suisse de politique internationale avait organisé un colloque sur les forces et faiblesses de l'ONU, en vue précisément d'identifier la position future de la Suisse. Dans un premier temps, ses organisateurs avaient invité Christophe Blocher, le leader de l'UDC, un nom qui par la suite devait disparaître de la liste des orateurs.

En fait, on n'y aura entendu que des arguments à sens unique répétés par des convaincus de longue date. Objectivité oblige, Alain Nicollier, coordinateur du Forum suisse, s'est donc lancé dans une synthèse des arguments pour et contre l'adhésion de la Suisse à l'ONU.

Cherchant à identifier ce qui a changé depuis le vote populaire négatif de 1986, il insiste sur trois constats: d'abord, l'ONU d'aujourd'hui n'est plus celle d'il y a quatorze ans, elle s'est réformée. Ensuite, à l'heure de la mondialisation, «les questions globales nécessitent des réponses globales». Enfin, l'ONU peut aider la Suisse à réaliser ses objectifs de politique étrangère qui, tous comptes faits, diffèrent peu de ceux de l'organisation.

Du côté opposé, Alain Nicollier doit bien convenir que les partisans du non, «souvent émotifs, utilisent des concepts assez généraux qui cependant touchent beaucoup de citoyens». Leur argument principal, dit-il, «c'est qu'aujourd'hui en Suisse tout va bien et tout va bien ainsi, que les rapports Suisse-ONU n'ont peut-être jamais été aussi bons qu'aujourd'hui, et qu'on ne conduit pas un bien portant chez le médecin».

Il note cependant que les adversaires de l'adhésion suisse font la distinction entre les actions politiques de l'ONU et les activités dites apolitiques comme la coopération au développement, l'aide humanitaire ou encore la protection de l'environnement.

Bref, Alain Nicollier résume en trois phrases ce qui lui paraît être la conviction première des partisans du non: «il est très utile que subsiste un pays trop petit pour s'immiscer dans les querelles des nations plus puissantes, mais que sa réussite à tant d'égards a revêtu d'un prestige sans rapport avec ses dimensions territoriales ou démographiques, et qui peut parler haut et clair.»

Bernard Weissbrodt







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