Surmonter les conséquences du réchauffement

Les coulées de boue, comme ici dans le canton de Lucerne en 2005, se feront plus fréquentes. Keystone

Les températures augmenteront de 2 à 3 degrés en Suisse d'ici 2050. Les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse se feront plus fréquentes.

Ce contenu a été publié le 14 mars 2007 - 15:57

C'est ce que montre un rapport d'experts mandatés par la Confédération selon lequel les conséquences du réchauffement climatique sont maîtrisables. Les coûts n'ont toutefois pas encore été chiffrés.

En 2050, les températures auront augmenté de 2 degrés, voire même plus, en automne, en hiver et au printemps, et d'au moins 3 degrés en été en Suisse.

Telles sont les prévisions du rapport de l'Organe consultatif sur les changements climatiques (OcCC) des Départements fédéraux de l'intérieur et de l'environnement et le Forum ProClim présenté mercredi à Berne.

Concernant les précipitations, les experts estiment qu'elles augmenteront d'environ 10% en hiver, mais diminueront de 20% durant l'été, saison durant laquelle les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse se feront plus fréquentes.

Cette situation entraînera une diminution de l'offre en eau dans le pays en été et en automne. «Il pourrait s'ensuivre des pertes agricoles, de même qu'une baisse de la production d'électricité», précise le rapport.

Maladies tropicales en Suisse

Les scientifiques préconisent par conséquent une gestion optimalisée afin d'assurer l'approvisionnement en eau durant la belle saison. Ils recommandent également des mesures de protection durables contre les crues hivernales, car celles-ci se feront plus fréquentes.

Ces vagues de chaleur auront aussi des conséquences directes sur la santé de la population. Les scientifiques craignent un taux de mortalité plus élevé et la propagation de maladies tropicales en Suisse. De plus, l'économie du pays devra faire face à des prestations de travail réduites dues aux conditions climatiques.

«Le rapport se fonde sur un instantané d'un processus qui se déroule sur le long terme. Celui-ci peut s'accélérer et engendrer un grand nombre de changements plus importants», a indiqué Roland Hohmann, directeur de projet à l'OcCC et au Forum ProClim.

Pour lui, le réchauffement ne doit pas être seulement un sujet électoraliste. «La Suisse a une responsabilité vis-à-vis du changement climatique qui concernera d'abord certains pays et les générations futures», a-t-il déclaré.

Tourisme alpin très touché

Le tourisme alpin sera particulièrement touché par le réchauffement climatique au milieu du 21e siècle. Le manque d'enneigement, le retrait des glaciers et la peur des événements extrêmes sur les voies de communication constitueront des obstacles en hiver. Il faudra donc que le secteur compense durant la saison estivale.

Le rapport note enfin que les énergies renouvelables vont devenir plus compétitives en raison de la demande accrue d'énergie. Leur contribution à l'approvisionnement électrique de la Suisse pourra se hisser à 10% d'ici 2050. Un triplement du potentiel est envisageable à long terme.

Prochain rapport sur les coûts

Tous ces effets resteront gérables si des mesures suffisantes sont prises à temps pour limiter la vitesse et l'importance du réchauffement climatique, selon l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Dans l'immédiat, la Suisse doit impérativement remplir l'engagement pris sous le Protocole de Kyoto et réduire d'ici 2012 ses émissions de gaz à effet de serre de 8% par rapport à 1990, souligne l'OFEV.

Pour y arriver, la taxe sur le CO2 pour les combustibles doit être mise en place rapidement afin d'inciter les ménages et l'industrie à miser sur les énergies renouvelables. Dans le domaine du trafic routier, l'efficacité du centime climatique perçu sur les carburants doit être prouvée d'ici la fin 2007.

Parallèlement à l'étude de l'OcCC, l'OFEV prépare un rapport qui chiffrera le coût économique des changements climatiques en Suisse à moyen terme. Ce rapport, qui sera publié l'été prochain, sera un instrument important pour élaborer des stratégies de prévention et d'adaptation.

swissinfo et les agences

L'étude et ses auteurs

L'étude 'Les changements climatiques et la Suisse en 2050. Effets attendus sur l'environnement, la société, et l'économie' a été menée par l'Organe consultatif sur les changements climatiques (OcCC) et le Forum ProClim de l'Académie suisse des sciences naturelles.

L'OcCC a été mis en place en 1996 par le Département fédéral de l'intérieur (DFI) et le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC). Il réunit une trentaine de personnalités de la recherche, de l'économie, ainsi que de l'administration fédérale.

Cette étude a nécessité cinq ans de travaux. Une centaine de chercheurs y ont pris part.

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Conséquences pour l'Allemagne

L'Institut allemand pour la recherche économique a également publié ces jours une étude consacrée aux conséquences des changements climatiques sur l'économie.

Cette étude prévoit un ralentissement de la croissance économique. Les comptes publics pourraient avoir à essuyer des pertes de l'ordre de 800 milliards d'euros d'ici à 2050 si des mesures supplémentaires ne sont pas prises.

Presque tous les secteurs économiques seront touchés par les conséquences du réchauffement, surtout la branche de la finance et les entreprises aux forts besoins énergétiques.

Au chapitre des mesures, l'institut cite les économies d'énergie, la reconversion des centrales électriques, l'amélioration des carburants et l'encouragement des énergies renouvelables.

Au total, ces mesures nécessiteraient des investissements à hauteur de 260 milliards d'euros d'ici 2050, soit 6 milliards par an.

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