Swiss Re reprend de l'assurance

Keystone

Après les attentats du 11 septembre, le secteur des assurances devrait retrouver du tonus en 2002. Swiss Re s'attend à une augmentation des bénéfices.

Ce contenu a été publié le 12 décembre 2001 - 16:22

«Les assureurs vont surmonter le choc du 11 septembre, les faillites resteront l'exception», a relevé le groupe de réassurance mercredi à Zurich lors de la présentation des perspectives 2002.

Plus grand dommage de l'histoire à charge des assurances, les attentats aux Etats-Unis coûteront entre 35 et 70 milliards de dollars (58 à 116 milliards de francs), a relevé Thomas Hess, responsable de la division de recherches économiques et de consulting à Swiss Re.

Des polices plus chères

Au-delà de cette ardoise, la catastrophe aura un impact durable sur les recettes et le fonctionnement du secteur. Déjà en hausse en 2001, les primes d'assurances - notamment pour l'industrie - et de réassurance vont encore sensiblement augmenter dès l'an prochain.

Swiss Re table sur une hausse moyenne annuelle de 5,5% à l'échelle mondiale pour l'assurance chose et responsabilité civile.

Parallèlement, le taux de couverture des risques sera abaissé et les réserves augmentées. Au bout du compte, le volume des primes dans l'assurance non-vie devrait augmenter en 2002 de manière nettement plus importante que ce qui était prévu au début de cette année.

Besoin de sécurité accru

Abstraction faite des pertes subies, les perspectives pour le secteur se sont «énormément améliorées» avec les attentats, a relevé Lewis Phillips, analyste à la Banque d'investissements londonienne Fox-Pitt.

La demande en produits d'assurances va se renforcer et les assureurs seront en mesure d'imposer des conditions plus dures lors du renouvellement des polices.

Parallèlement, «les attentats ont radicalement changé la donne dans la perception des risques», a souligné le directeur de Swiss Re Europe Michel Liès.

Face aux menaces terroristes, de nouveaux modèles d'assurances doivent être trouvés, qui impliquent un «effort conjoint des assureurs, des clients, des gouvernements et des autorités de contrôle.»

M. Liès a mis en exergue le pool de réassurance contre le terrorisme mis en place en Grande-Bretagne, dans lequel tous les prestataires de polices d'assurance pour l'industrie versent une partie de leurs primes, avec le soutien de l'Etat. Celui-ci fait ainsi office de «réassureur suprême». Ce type de modèle solidaire doit faire école, selon lui.

Vieillissement profitable

Dans le secteur de l'assurance vie, qui a subi un ralentissement lors de l'année en cours suite à la baisse des marchés boursiers, les prévisions à moyen terme sont favorables, estime Swiss Re, même s'il faut s'attendre à une forte volatilité. Le vieillissement de la population ouvre d'intéressantes perspectives.

Dans l'ensemble, les assureurs devront impérativement réduire leur structure de coûts. Cela est surtout valable pour l'assurance vie, où une hausse des primes ne suffirait pas à surmonter les problèmes structurels.

Des économies s'imposent à la fois dans la gestion, la distribution et l'administration. De nouvelles alliances «défensives» se dessinent, destinées à renforcer les synergies, prévoit le réassureur.

«Mieux» pour les actions

Malmenés lors de l'année en cours, où leurs performances ont été inférieures à la moyenne du marché, les actions des groupes d'assurances reprendront du vif l'an prochain, assure Swiss Re. A court terme, ce sont les petites sociétés «de niche» et les groupes fortement engagés dans le secteur non-vie qui présentent les meilleures perspectives.

swissinfo avec les agences

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