Swissair Group: 800 lettres de licenciements déjà envoyées

Les licenciements concernent, pour l'heure, le personnel d'exploitation. Keystone

Le chef du personnel de Swissair Group Matthias Mölleney a déjà envoyé 800 lettres de licenciement pour la semaine prochaine. Si l'intégration d'une partie de la compagnie Swissair dans Crossair échoue, 30 000 emplois pourraient être supprimés au lieu des 10 000 prévus.

Ce contenu a été publié le 14 octobre 2001 - 13:15

La semaine dernière, les auxiliaires et les employés à temps partiel ont été remerciés, explique Matthias Mölleney dans une interview publiée dans le «SonntagsBlick» et dans «dimanche.ch». Les 800 postes de travail qui seront supprimés ces prochains jours concernent le personnel d'exploitation.

La situation n'est pour l'heure pas claire en ce qui concerne le sort des employés du secteur aviation proprement dit, indique Matthias Mölleney. Tout dépendra du business plan que Crossair doit normalement présenter lundi.

Le chef du personnel est favorable à la variante prévoyant la reprise de 26 long-courriers et 26 court-courriers de Swissair. Mais le temps manque et «la fusion est très complexe», poursuit-il.

«Si la fusion Swissair/Crossair est réalisée, quelque 10 000 personnes perdent leur emploi. Si elle échoue, nous estimons que jusqu'à 30 000 personnes risquent de se retrouver au chômage.»

Séance de crise

Une nouvelle séance de crise au sujet de Swissair a débuté dimanche matin au siège du Département fédéral des finances (DFF) à Berne. La réunion est dirigée par Peter Siegenthaler, directeur de l'Administration fédérale des finances.

Le patron de Crossair André Dosé, le patron de Swissair Mario Corti, le chef de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) ainsi que Jean-Luc Nordmann, directeur du secrétariat d'Etat à l'économie (seco) y participent. Une délégation de l'UBS sera également de la partie, tout comme des représentants des syndicats et du personnel de Swissair.

«Ce sera une longue séance», a déclaré dimanche à l'AP André Dosé. Cette réunion devra permettre de déterminer à quelles conditions, avec quels besoins en capital et quand la nouvelle compagnie aérienne suisse - qui renaîtra des cendres de Swissair - pourra voir le jour.

La séance dominicale doit également permettre de faire le point sur les liquidités dont disposent actuellement Swissair et ses filiales. La question est de savoir si les 450 millions de francs injectés par la Confédération suffiront à assurer comme prévu la poursuite des vols de Swissair jusqu'au 28 octobre.

A la recherche d'argent

La nouvelle compagnie aura certes un coût humain mais aussi financier. Ses besoins en capitaux pour démarrer et survivre à terme sont pour l'heure estimés entre 2 et 4 milliards de francs. Problématique, cet aspect a évolué dans la bonne direction ces derniers jours.

Si l'UBS et le Credit Suisse Group (CSG) sont d'ores et déjà partants (avec 350 millions) pour contribuer à l'augmentation du capital de Crossair, la Confédération et des entreprises pourraient aussi s'engager. A commencer par le fondateur de l'importateur automobile AMAG, Walter Haefner, qui promet 200 millions de francs.

Parmi les autres sources de financement, des noms circulent déjà, dont la société américaine Texas Pacific Group (propriétaire notamment de Continental Airlines et de Bally). Le cimentier Holcim (ex-Holderbank) se dit prêt à franchir le pas «si d'autres en font de même». La Banque cantonale de Zurich étudie aussi la question.

swissinfo avec les agences

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