Swissair restructure sa filiale Swissport

Keystone

Swissair Group réorganise ses services au sol à l'aéroport de Zurich-Kloten. Les employés de sa filiale Swissport affectés au terminal A seront réintégrés dans le giron de la compagnie.

Ce contenu a été publié le 26 août 2001 - 18:00

Ces mesures, annoncées dimanche par la «SonntagsZeitung», ont été confirmées à l'ats par le porte-parole de Swissair Group Jean-Claude Donzel.

La restructuration de Swissport concerne l'ensemble du personnel chargé de l'assistance des passagers au terminal A de Zurich-Kloten (enregistrements, procédures de transit, service dans les salles d'attentes ou «lounges»), soit en tout 450 personnes. Employées jusqu'à présent par Swissport, société 100% filialisée de Swissair Group, elles seront dorénavant étroitement rattachées à la compagnie.

L'objectif premier n'est pas de réaliser des économies, mais d'améliorer la qualité du service, précise M.Donzel. Le rapprochement permettra d'éviter une «rupture de la qualité du produit et d'assurer un meilleur suivi des passagers.»

Vente évoquée

Pour l'instant, cette mesure ne touche que l'aéroport zurichois. Mais des «analyses sont en cours» pour Genève, Bâle et certains sites à l'étranger, déclare le porte-parole.

Il n'a fait en revanche aucun commentaire sur les informations de la presse alémanique faisant état de la vente à un groupe étranger du reste des activités de Swissport.

Swissair informera lors de sa conférence de presse de jeudi prochain à Zurich, lors de laquelle il doit aussi publier ses chiffres pour les six premiers mois.

Swissport (enregistrement des passagers et des bagages) a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 1,06 milliard de francs, pour un bénéfice opérationnel (EBIT) de 36 millions. Elle occupe 13 400 personnes dans 25 pays.

450 millions de francs pour LTU

Swissair Group a par ailleurs confirmé avoir dû verser récemment 450 millions de francs sous forme de «prêt d'actionnaire» (remboursable) au voyagiste LTU, en butte à de sévères difficultés.

Le groupe suisse est actionnaire du voyagiste - qui entretient la troisième compagnie charter d'Allemagne - à hauteur de 49,9%.

Swissair ne précise pas si d'autres injections seront nécessaires à l'avenir. LTU lui-même a déjà affirmé ne pas s'attendre à retrouver les chiffres noirs avant 2004.

Lourde perte attendue

Selon les observateurs, Swissair Group est loin d'être sorti des turbulences. «Les chiffres semestriels seront les plus désastreux depuis très longtemps sur le plan opérationnel», prévoit Jérôme Schupp, analyste à la banque Syz & Co. Un déficit de l'ordre de 200 millions tel qu'avancé dans la presse lui paraît réaliste.

Les problèmes sont multiples: ralentissement conjoncturel qui freine les voyages, cherté du dollar, prix élevés du kérosène, pertes de Sabena, dont Swissair détient toujours 49,5%, et de LTU.

En creusant ses pertes, Swissair verra encore fondre ses fonds propres, qui passeront probablement sous le milliard de francs, selon M. Schupp. Si l'on sait que son endettement net atteignait 7,8 milliards de francs à la fin 2000, le bilan est «inacceptable», relève-t-il. «Une société normale serait à deux doigts de la faillite.»

swissinfo avec les agences

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