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Swissair sous pression en Belgique

Douloureuse attente, pour le personnel de Sabena.

(Keystone Archive)

L'avenir de Sabena reste incertain. Mardi, une séance du Conseil d'administration a été reportée «sine die». Il s'agit de permettre la poursuite des négociations entre le groupe Swissair et l'Etat belge, respectivement propriétaires de 49,5% et 50,5% du capital de la compagnie. Les syndicats belges, eux, manifestent nuit et jour devant le ministère en charge du dossier.

«Ce sera le concordat judiciaire ou 2000 pertes d'emploi», croyait pouvoir annoncer le quotidien Le Soir, à l'image de l'ensemble des médias belges, dans son édition de mardi. Encore raté. Cette énième journée annoncée cruciale n'a fait qu'ajouter à la confusion.

De leur côté, les syndicats font le pied de grue devant le cabinet de Rik Daems, ministre des participations publiques. Ils expriment le désarroi du personnel de Sabena, dans l'attente d'une décision de l'Etat belge et du groupe Swissair sur la recapitalisation de la compagnie.

Sur les fenêtres du ministère, on lit des slogans épinglant les deux actionnaires de référence de Sabena. Et la Suisse en prend pour son grade, avec une allusion à l'affaire des fonds en déshérence: «Après l'or juif, l'argent des belges».

Les récents propos de Mario Corti ont fait l'effet d'une douche froide. Et pour cause, le patron du groupe Swissair confirme qu'une prise de participation majoritaire dans Sabena - comme convenu en avril 2000 et confirmé en janvier dernier - n'est «plus un objectif réaliste».

Par ailleurs, Mario Corti dit vouloir organiser «un retrait ordonné de toutes les participations aériennes étrangères déficitaires». Un objectif qui concerne très directement Sabena.

Les syndicats cherchent à accroître leur pression sur le gouvernement belge pour qu'il participe au sauvetage et surtout qu'il négocie durement avec Swissair. «S'ils ne mettent plus un centime, ce sera une catastrophe», prévient Raymond Heinrich, délégué du syndicat FGTB proche des socialistes.

La prise de participation majoritaire, plus personne n'y croit. Mais l'Etat belge compte bien faire payer très cher au groupe Swissair son probable renoncement. L'exigence d'une indemnité de 500 millions d'euros (800 millions de francs suisses) est évoquée de plus en plus fréquemment.

Thierry Zweifel, Bruxelles


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