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Swisscom accroît son bénéfice, mais l'avenir sera difficile

La filiale allemande debitel est le moteur de la croissance de Swisscom.

(Keystone Archive)

L'an dernier, le bénéfice net du géant bleu a augmenté de 32,2% et son chiffre d'affaires a dépassé les 14 milliards de francs. Mais l'opérateur s'attend à un ralentissement de la croissance, y compris dans le secteur de la téléphonie mobile. Swisscom doit faire face à une érosion de ses marges.

Belle surprise pour les actionnaires du géant bleu. Ils vont recevoir quatre francs de plus de dividende qu'en 1999. Swisscom va leur distribuer au total 19 francs par action, dont 8 francs sous forme de réduction de la valeur nominale des titres.

Au total, 1,4 milliards seront versés aux actionnaires. Une nouvelle qui va assurément donner le sourire au chef des Finances fédérales, Kaspar Villiger, car la Confédération est le principal actionnaire de l'opérateur avec 65,5% des titres.

L'exercice 2000 a été meilleur que prévu pour le groupe. Le chiffre d'affaires a progressé de 27,5% pour passer à 14,1 milliards de francs, alors que le bénéfice net progressait de 32,2% à 3,2 milliards.

L'endettement de Swisscom a été réduit de 3,4 milliards et se monte désormais à seulement 2,9 milliards. Mais, si l'on prend en compte le résultat d'exploitation, il observe un recul de 26,2% à 1,8 milliard.

En fait, le bénéfice de Swisscom provient surtout de la vente de diverses participations que l'opérateur détenait notamment dans les sociétés Cablecom, D Plus et tesion. Ces cessions lui ont permis d'encaisser 1,57 milliard.

Au niveau de ses activités, la situation de Swisscom reflète la forte concurrence du marché suisse. Pour la téléphonie fixe, le chiffre d'affaires a reculé de 18,6% en raison de la baisse des prix. Résultat, le bénéfice d'exploitation de ce secteur est en recul de plus de 51%.

Dans le domaine du mobile, deux Suisses sur trois sont équipés d'un téléphone portable, le taux de pénétration du cellulaire sur le marché dépasse les 64%. Swisscom a enregistré 886000 nouveaux clients et compte désormais plus de 3,2 millions d'utilisateurs. Le problème, c'est que le chiffre d'affaires moyen par clients a reculé de 12,2% à 72 francs. Une baisse qui se répète depuis plusieurs années.

En fait, c'est sa filiale allemande debitel qui est moteur de la croissance de Swisscom. Cette entreprise est le plus gros fournisseur indépendant de services de téléphonie mobile en Europe. Fin 2000, debitel disposait d'une assise clientèle de 8,6 millions d'usagers. L'an dernier, debitel a augmenté son chiffre d'affaires de 26,3% à près de 4 milliards de francs.

Les bons chiffres de Swisscom résultent aussi d'une diminution des charges de personnel. Sans debitel, l'entreprise ne compte plus que 17 459 salariés à temps plein, soit une baisse de 9,3%. Et le processus de réduction des effectifs va se poursuivre.

La santé de Swisscom s'explique aussi par le fait que le groupe n'a pas dépensé des fortunes pour obtenir des licences UMTS pour la téléphonie mobile de la troisième génération. En Allemagne, sa filiale debitel s'est retirée de cette course et en Suisse, le géant bleu n'a payé que 50 millions de francs pour sa concession UMTS.

Par ailleurs, le géant bleu a vendu au bon moment 25% de sa filiale de téléphonie mobile au britannique Vodafone. Swisscom a ainsi empoché une première tranche de 2,1 milliards et 2,3 autres milliards seront versés par Vodafone dans les douze mois.

Globalement, contrairement à de nombreux autres opérateurs, Swisscom affiche aujourd'hui un bilan plutôt solide. En revanche, l'avenir pourrait être plus difficile. "Il faut s'attendre à un ralentissement de la croissance sur le marché du mobile et la pression sur les marges subsistera dans tous les secteurs, y compris en Allemagne", précise l'opérateur.

Luigino Canal


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