Tension entre Berne et Santiago

Patricio Ortiz Montenegro vit en Suisse depuis 1997 Keystone

La décision de Berne d’autoriser un ancien guérillero chilien évadé de prison à rester en Suisse est plutôt mal reçue à Santiago.

Ce contenu a été publié le 28 juillet 2005 - 11:40

Le Ministère chilien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur André Regli pour lui faire part de son «profond malaise».

En Suisse, les juges de la commission des recours en matière d'asile ont confirmé l'admission provisoire de Patricio Ortiz Montenegro, ancien membre du Front Patriotique Manuel Rodriguez (FPMR). Ils ont en revanche à nouveau rejeté sa demande d'asile politique.

La décision de la commission a été prise fin juin et transmise à la mi-juillet aux parties concernées, a indiqué mercredi Magnus Hoffmann, porte-parole de la commission des recours. «De notre point de vue, l'affaire est close», a-t-il ajouté.

Evadé de Santiago


Patricio Ortiz Montenegro avait été condamné en 1995 à dix ans de prison pour l'assassinat d'un officier des gendarmes. Il s'était échappé de la prison de haute sécurité de Santiago en décembre 1996 avant de se réfugier en Suisse.

En 1998, Patricio Ortiz Montenegro avait obtenu une admission provisoire de l'Office fédéral des réfugiés (rebaptisé depuis Office fédéral des migrations, ODM), Berne renonçant à l'extrader en raison des risques de mauvais traitements dans son pays.

Note officielle

Le ministre chilien des Affaires étrangères Ignacio Walker a convoqué mercredi l'ambassadeur de Suisse à Santiago André Regli pour lui faire part du «profond malaise» de son pays. L'objectif de cette rencontre était de tirer les choses au clair, «à la lumière des excellentes relations entre nos deux pays», a-t-il déclaré.

Santiago exige que Patricio Ortiz Montenegro «purge sa peine au Chili pour un grave délit commis dans un Etat de droit. Il n'y a aucune raison pour qu'il ne purge pas sa condamnation», a ajouté Ignacio Walker. Mardi il avait annoncé qu'il allait transmettre une note officielle de protestation à Berne.

Une source du ministère a toutefois précisé mercredi que le Chili n'envisageait pas pour le moment un rappel de son ambassadeur en Suisse.

Avant les propos du ministre Walker, son collègue de l'intérieur Francisco Vidal avait qualifié la décision de la commission des recours de «lamentable», ajoutant toutefois «c'est une décision que nous devons respecter, elle appartient à un autre Etat».

Mais le porte-parole du gouvernement, Oswaldo Puccio, avait affirmé ensuite que le Chili allait avoir recours à la diplomatie pour faire revenir la Suisse sur sa décision.

Pas de commentaire


En Suisse, le gouvernement ou même l'ODM «peuvent difficilement faire pression sur une décision d'une commission indépendante de juges, du fait de la séparation des pouvoirs», a estimé Dominique Boillat, porte-parole de l'ODM.

La décision de la commission des recours intervient au terme d'une procédure inhabituellement longue de sept ans. «Les délais d'un recours sont en principe d'une année», a noté Dominique Boillat.

Quant au Ministère suisse des Affaires étrangères, il n’a pas souhaité pour l’instant commenter les propos d’Oswaldo Puccio.

swissinfo et les agences

En bref

- Le Ministère chilien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur suisse à Santiago pour lui demander des explications sur le statut d’un ancien guérillero vivant en Suisse, où il a été admis provisoirement, sans toutefois obtenir l’asile politique.

- Patricio Ortiz Montenegro, ancien membre du Front Patriotique Manuel Rodriguez, qui a combattu le régime Pinochet, a écopé en 1995 de 10 ans de prison pour avoir tué un officier de gendarmerie. En 1996, il s’est évadé de la prison de haute sécurité de Santiago.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article