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Thérapie de famille, avec humour

La nappe plastifiée à carreaux, symbole de la ‘névrose domestique’?

("Dysfonctions et maltraitances")

A La Chaux-de-Fonds, le Théâtre de l'ABC présente, en huit épisodes, une comédie sarcastique d'Antoine Jaccoud.

Mise en scène par Robert Sandoz, cette pièce écrite sous forme de feuilleton traite des relations toxiques familiales. Un succès fou.

Grande foule devant le Théâtre de l'ABC à la Chaux-de-Fonds. Nous sommes le 11 février, ce soir-là la salle affiche complet. Pourtant, ce n'est ni Molière ni Shakespeare qu’on y joue, mais un auteur bien moins connu, voire même inconnu du grand public.

Il est Vaudois, quadra, et répond au nom d'Antoine Jaccoud. A son actif, des scénarii de films (il a travaillé pour le cinéaste suisse Jean-François Amiguet), et quelques pièces de théâtre dont la très remarquée «Je suis le mari de ***», créée à Genève en 2001.

Feuilleton théâtral

Pour l'heure, son texte à l'affiche attire les foules. Ce n'est pas vraiment une pièce qu'il a écrite, mais un feuilleton qui se joue en huit épisodes, dont le deuxième se donne le 25 février, toujours à l'ABC.

C'est le metteur en scène Robert Sandoz, un Chaux-de-Fonniers de 28 ans, qui a passé commande à Antoine Jaccoud de ce feuilleton que l'auteur qualifie de «comédie sociale».

Originalité de l'entreprise: les répétitions se déroulent en une seule journée, et les comédiens ne prennent connaissance du texte que quelques jours avant la représentation. Juste le temps d'apprendre les dialogues.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette initiative rencontre un succès fou. Les billets s'arrachent. Au point que la direction de l'ABC pense tripler le deuxième épisode; c'est à dire le faire jouer trois fois de suite.

«Je ne m'attendais pas à cette affluence», explique Jaccoud, ravi de son feuilleton qu'il considère comme nécessaire à l'art dramatique. «Le but de l'opération, confie-t-il, est de ‘déritualiser’ l'usage du théâtre. De changer en quelque sorte les habitudes du spectateur lambda qui ne va voir une pièce - souvent classique - qu'une fois par mois, après s'être lavé les cheveux».

Névrose domestique

Antoine Jaccoud a un humour catastrophé qui, lorsqu'il parle, fait apparaître au coin de sa bouche un sourire malicieux aussitôt ravalé par une moue douloureuse.

C'est un peu l'image qu'il laisse de son feuilleton quand il en explique le fonctionnement. «Ce n'est pas du tout une sitcom, précise-t-il, comme on a pu le lire ici ou là dans la presse romande. C'est plutôt une comédie sarcastique dans laquelle j'ai mis toutes mes compétences en thérapie de famille».

D'où l'intitulé de ce feuilleton aux résonances psychiques: «Dysfonctions et maltraitances». «Un titre digne des éditions Odile Jacob», s'amuse à commenter l'auteur.

Lecteur assidu du journal français «Libération», Jaccoud y suit la chronique des faits divers. Il s'en est inspiré pour ses «Dysfonctions» où la confusion des identités pose un problème social.

«Souvent, dit-il, dans les familles qui vont mal, la confusion règne: on ne sait pas trop si la femme qu'héberge le père, par exemple, est la maîtresse de celui-ci ou la tante des enfants».

Cette névrose domestique, l'auteur la traite avec dérision. Chez lui, pas d'intention pédagogique. «J'essaie seulement, lâche-t-il, à la manière des dramaturges scandinaves comme Lars Noren, d'enquêter sur les relations toxiques familiales».

swissinfo, Ghania Adamo

Faits

«Dysfonctions et maltraitances» est un «feuilleton théâtral».
A voir à La Chaux-de-Fonds, Théâtre de l'ABC, les 25 février, 10 et 24 mars, 7 et 21 avril, 5 et 19 mai.

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