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"C'est une affaire criminelle qui doit être traitée de la sorte"

"Nous ne voyons pas ce sujet comme un sujet bilatéral. C'est une affaire criminelle et judiciaire qui doit être traitée de la sorte", a estimé le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu (à gauche) après avoir rencontré son homologue américain Mike Pompeo.

KEYSTONE/EPA/JIM LO SCALZO

(sda-ats)

Les commanditaires de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul doivent rendre des comptes, a affirmé mardi à Washington le ministre turc des Affaires étrangères. "C'est une affaire criminelle et judiciaire qui doit être traitée de la sorte".

"Nous ne voulons pas détériorer notre relation avec l'Arabie saoudite", mais "qui que ce soit ayant donné pour instruction" de tuer Jamal Khashoggi "doit rendre des comptes", a déclaré Mevlut Cavusoglu devant la presse. "C'est notre objectif", a ajouté le chef de la diplomatie turque après avoir rencontré son homologue américain Mike Pompeo.

Donald Trump a lui estimé plus tôt que le mystère pourrait demeurer sur les faits entourant ce meurtre. Le président des Etats-Unis a aussi dit que, même s'il est possible que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ait été au courant de l'assassinat, Washington fait le choix de réaffirmer son alliance "inébranlable" avec l'Arabie saoudite.

Le président américain a énuméré les raisons qui rendent cette alliance stratégique: lutte contre l'Iran, ennemi commun, combat contre le "terrorisme islamique radical", achat d'armes américaines ou encore stabilité des prix du pétrole, dont Ryad est le premier exportateur mondial

Foudres républicaines

Ses propos ont choqué jusque dans les rangs républicains. Bob Corker, président de la puissante commission des Affaires étrangères du Sénat, a qualifié la Maison Blanche d'"agence de relations publiques" pour le prince héritier saoudien. "C'est l'Arabie saoudite d'abord, pas l'Amérique d'abord", a raillé son collègue Rand Paul.

"Des 'alliés proches' ne planifient pas le meurtre d'un journaliste. Les 'alliés proches' n'attirent pas un de leurs citoyens dans un piège pour le tuer", a tweeté Jeff Flake, également républicain, mais très critique à l'égard du locataire de la Maison Blanche. Lindsey Graham, un proche de Donald Trump, avait estimé dimanche "impossible de croire" que le prince héritier saoudien ignorait les agissements de l'équipe envoyée en Turquie pour tuer Jamal Khashoggi.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a tourné en dérision la déclaration de Donald Trump. "Bizarrement, M. Trump consacre le premier paragraphe de sa déclaration honteuse sur les atrocités saoudiennes à accuser l'Iran de tous les maux qu'il peut imaginer", a écrit M. Zarif sur son compte Twitter.

Jamal Khashoggi a été tué le 2 octobre au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul par un commando arrivé de Ryad et qui est aussitôt reparti. La justice saoudienne a inculpé onze personnes et requis la peine capitale pour cinq d'entre elles, sur un total de 21 suspects, tandis que l'administration Trump a sanctionné 17 individus.

"Obtenir et déclassifier"

Mais de nombreux parlementaires, y compris républicains, demandent à l'administration d'aller plus loin et pourraient engager eux-mêmes des procédures pour prendre des sanctions plus sévères, ou stopper les ventes d'armes à Ryad.

Le PDG du Washington Post, Fred Ryan, a appelé le Congrès à "défendre les vraies valeurs et les intérêts durables de l'Amérique". Il a accusé le milliardaire républicain de "mettre ses relations personnelles et intérêts commerciaux au-dessus des intérêts américains".

L'ex-directeur de la CIA John Brennan a exhorté les parlementaires à "obtenir et déclassifier" les rapports du renseignement sur cet assassinat, "puisque M. Trump excelle par sa malhonnêteté". La sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a elle dénoncé "l'habitude" du président "à donner raison à des dictateurs meurtriers plutôt qu'aux professionnels du renseignement américain".

Jonathan Schanzer, de la Foundation for Defense of Democracies, a toutefois estimé que Donald Trump avait simplement "mis des mots" sur "la politique saoudienne observée par tous les autres présidents des Etats-Unis avant lui".

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