Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

La justice française a condamné mardi à huit ans de prison le Néerlandais Mark Van Nierop, surnommé le "dentiste de l'horreur". L'homme était accusé d'avoir mutilé des dizaines de patients à son cabinet de 2008 à 2012 dans le centre de la France.

Le tribunal correctionnel de Nevers a ordonné le maintien en détention du prévenu. Il a assorti sa peine d'une interdiction d'exercer définitive et de plusieurs amendes d'un montant total de 10'500 euros (11'500 francs).

Lors du procès, du 8 au 14 mars, la procureure avait requis huit ans de prison. Elle avait fait écho à une expertise psychologique selon laquelle la personnalité du dentiste néerlandais alliait "absence totale de compassion" et "cupidité".

La magistrate avait dénoncé le "désastre sanitaire" causé par cet homme de 51 ans, auteur de "violences dont le but ultime était d'obtenir des remboursements" toujours plus importants de l'assurance maladie.

Accusé muet

Avant l'audience, des victimes avaient raconté à l'AFP leurs souffrances. Elles avaient évoqué "huit dents" arrachées d'un coup, un "trou énorme" laissé dans la bouche et des infections à répétition. Des souffrances payées au prix fort et qui perdurent encore pour beaucoup.

A l'audience, l'accusé, le visage bouffi, était resté quasi mutique. Il s'était borné à répondre à la plupart des questions par un laconique "pas de commentaire". Seule exception, au deuxième jour des débats, il avait reconnu être "responsable" avant de lâcher: "j'étais dans une situation psychique où les gens autour de moi ne m'intéressaient pas".

Son avocate avait évoqué une "glaciation des sentiments" et plaidé qu'il avait "besoin de paraître pour être". Elle avait aussi soutenu que "certains actes pouvant paraître choquants" étaient "en fait conformes aux recommandations" de la profession.

Aubaine dans un désert médical

En 2008, c'est un homme avenant, à la carrure de rugbyman et qui menait grand train, que les habitants de Château-Chinon (centre) avaient vu débarquer. Dans ce désert médical notoire, l'arrivée du dentiste, recruté par un chasseur de tête, était une aubaine. Dans son cabinet, il pouvait accueillir "entre 18 et 26 patients par jour", selon lui.

Mais dès 2011, les plaintes de patients commencent à s'accumuler. Ceux-ci dénoncent des soins douloureux et mal réalisés, ainsi que des surfacturations et diverses malversations. Sous l'impulsion d'un des patients, un collectif est créé, qui recensera jusqu'à 120 victimes. En juillet 2012, prétendant avoir le bras paralysé après un accident domestique, il avait fermé son cabinet.

Inquiété par la justice française en 2013, Mark Van Nierop prend la fuite au Canada. Il y est interpellé en septembre 2014 alors qu'il tente de mettre fin à ses jours, avant d'être remis à la justice néerlandaise puis française.

Sanctions disciplinaires aux Pays-Bas

Durant les investigations, il s'avérera qu'il avait déjà fait l'objet de sanctions disciplinaires aux Pays-Bas après des plaintes. Sur une centaine de victimes, la procureure avait retenu des mutilations pour 53 d'entre elles. Elle avait demandé une requalification des faits pour 20 autres, notamment en "violences avec préméditation", et trois relaxes.

Au final, le prévenu a été relaxé des faits de violences sur six victimes et de certains faits d'escroquerie. Le tribunal a aussi requalifié les faits pour deux patients.

ATS