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"Gilets jaunes": 283'000 manifestants et un mort

Les "gilets jaunes" se rassemblaient samedi à travers la France pour tenter de bloquer routes et points stratégiques, sous le slogan "Gilets jaunes, Colère noire".

Keystone/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON

(sda-ats)

Quelque 283'000 "gilets jaunes" protestent samedi dans toute la France contre la hausse des taxes sur le carburant et la baisse du pouvoir d'achat. Les quelque 2000 rassemblements, parfois tendus, ont entraîné des accidents faisant un mort et 227 blessés.

"Gilets jaunes, colère noire", "Jupiter, redescends sur terre, c'est la misère": les manifestants, qui arboraient parfois un message sur leur gilets, bloquaient des accès sur les autoroutes, des ronds-points ou organisaient des opérations de péage gratuit dans l'ensemble du pays.

Villes bloquées

Les "gilets jaunes" n'ont pas réussi à bloquer la France, comme ils le voulaient. Mais tout le territoire a été touché par leurs actions, ce qui marque un succès certain pour ce mouvement, parti des réseaux sociaux et organisé en dehors des partis politiques et des syndicats.

A Paris, environ 1200 de "gilets jaunes" se trouvaient place de la Concorde, où ils ont organisé des barrages filtrants avec des barrières. Certains ont allumé des fumigènes.

Quelques magasins de luxe ont baissé leurs rideaux alors que les forces de l'ordre, protégées par leurs boucliers, ont tiré des gaz lacrymogènes. Plus tôt samedi après-midi, les manifestants avaient réussi à partiellement bloquer les Champs Elysées.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Dijon, où la situation était tendue en milieu d'après-midi. A Rennes, la circulation a été bloquée par des piétons sur la rocade. A Marseille, quelque 350 manifestants s'étaient rassemblés aux abords d'un rond-point à la sortie de la ville.

Un mort et des blessés

Dans la matinée, plusieurs incidents graves ont eu lieu sur des points de blocage dans le pays. Une manifestante de 63 ans a été tuée en Savoie par une conductrice qui emmenait sa fille chez le médecin. La mère a été prise de panique quand les manifestants se sont mis à taper sur sa voiture.

Plus de 200 personnes ont été blessées dont cinq gravement, a annoncé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner dans un communiqué. Et d'ajouter que 117 personnes ont été interpellées dont 73 placées en garde à vue. Un motard de la police a été hospitalisé après avoir été percuté par un véhicule samedi alors qu'il prenait en chasse une moto à Strasbourg. Il souffre de plusieurs fractures.

"Eviter tout drame humain"

En début d'après-midi, le préfet de l'Isère a appelé à "cesser les rassemblements". Il en a appelé à "la responsabilité de chacun pour éviter tout drame humain". Il y a eu dix interpellations dans ce département.

Dans l'Hérault, à Bessan, un automobiliste excédé a sorti un pistolet puis a tiré en l'air à deux reprises. Aucun blessé n'est à déplorer et l'homme a été interpellé, selon la gendarmerie. "C'est toute l'inquiétude que nous avions d'avoir des manifestations non organisées par des gens qui n'ont pas forcément l'habitude", a déclaré le ministre.

Une étude publiée samedi par L'Argus note que les départements où les automobilistes roulent le plus en véhicule diesel sont aussi ceux où résident le plus de ménages non imposés. Le diesel est devenu un "signe extérieur de pauvreté", en déduit la publication spécialisée.

Politiciens de la partie

L'exécutif n'a cessé de mettre en garde contre la récupération politique de ce mouvement de protestation qui se veut apolitique et asyndical. Mais plusieurs représentants politiques ont apporté leur soutien.

Laurent Wauquiez, le chef de LR, a participé à une manifestation au Puy-en-Velay: il a appelé Macron à comprendre et "corriger ses erreurs". Des élus du Rassemblement national étaient également présents aux côtés des "gilets jaunes", mais pas Marine Le Pen.

"Je souhaite que cette mobilisation permette une prise de conscience et que le gouvernement entende ce que les Français ont à lui dire", a déclaré sur franceinfo Olivier Faure, premier secrétaire du PS.

Des Insoumis participaient aussi aux manifestations. Leur leader Jean-Luc Mélenchon a critiqué sur Twitter une "manipulation des chiffres de participation" et une "dramatisation" de la part du gouvernement.

Grogne

A l'initiative de cette grogne, des membres de la société civile se sont mobilisés contre la hausse du prix des carburants avant que les motifs de grief ne s'élargissent à une dénonciation plus globale de la politique du gouvernement en matière de taxation et à la baisse du pouvoir d'achat.

Au 1er janvier 2019, les taxes sur le gazole doivent augmenter de 6,5 centimes d'euro par litre et celles sur l'essence de 2,9 centimes.

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