Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

"Gilets jaunes": flambée de violences à Paris plongé dans le chaos

Les Champs-Elysées sont à nouveau le théâtre des rassemblements des gilets jaunes.

KEYSTONE/AP/CHRISTOPHE ENA

(sda-ats)

Barricades, voitures incendiées, vitrines brisées... Paris a été samedi le théâtre d'un déchaînement inhabituel de violences de casseurs, en marge de rassemblements de "gilets jaunes".

"Ils veulent le chaos", a dénoncé le président français Emmanuel Macron, de Buenos Aires où il participait au sommet du G20, commentant cette troisième journée d'action d'un mouvement qui semble se radicaliser et qui met à rude épreuve l'appareil sécuritaire français.

Chaos est bien le mot pour décrire les scènes de violence qui ont éclaté tout au long de la journée dans le cossu ouest parisien. "On est dans un état insurrectionnel", a résumé Jeanne d'Hauteserre, la maire de droite du VIIIe arrondissement.

Arc de Triomphe tagué

L'emblématique arc de Triomphe en haut de l'avenue des Champs-Elysées a été le théâtre des premiers affrontements samedi matin. Ce monument, symbole national qui abrite la tombe du soldat inconnu de la Première guerre mondiale a été pris d'assaut, couvert de graffitis par des "gilets" jaunes et des casseurs.

Puis la violence s'est répandue dans l'Ouest parisien, où de nombreux incendies de voitures, de mobilier urbain ont éclaté. Des Parisiens et des touristes médusés regardaient les barricades se dresser dans un air saturé de gaz lacrymogène, de fumée, dans le vrombissement des hélicoptères de la police et le fracas des sirènes.

Les manifestants violents "s'éclatent (en plusieurs points de la capitale) de manière à rendre plus difficile" le travail des forces de l'ordre, a expliqué sur la chaîne de télévision BFM TV le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.

Magasins pillés

Des casseurs s'en sont largement pris aux magasins pour les piller. D'autres, arborant ou non des gilets jaunes, s'en sont directement pris aux policiers et aux gendarmes, tout au long de la journée. Un fusil d'assaut a même été dérobé dans un véhicule de police non loin de l'arc de Triomphe, a déclaré une source proche du dossier, sans préciser si l'arme était ou non chargée.

Vers 20h00, Paris était "plus apaisé, pas totalement sécurisé", a commenté sur TF1 le ministre de l'intérieur Christophe Castaner, évoquant "quelques groupes de dizaines de personnes qui continuent de errer dans Paris".

Le bilan est de près de 110 blessés, dont un dans une urgence absolue, a-t-il précisé, touché lorsque qu'une grille du célèbre jardin des Tuileries, tout près de Louvre, a été arrachée et est tombée sur des gilets jaunes. Les forces de l'ordre ont procédé à 270 interpellations à Paris. Près de 190 départs de feu ont été traités par les sapeurs-pompiers et six immeubles incendiés.

Manifestants pacifiques

Parmi les manifestants pacifiques, certains dénonçaient ces violences. "Je suis solidaire avec les 'gilets jaunes', mais j'ai envie de pleurer face à toute cette violence, ce gâchis", résumait Fanny, une infirmière de 47 ans. "Cela sent la révolution".

"Cela fait quinze jours que l'on essaye de se faire entendre et il n'y a rien qui bouge. Il va falloir à un moment que M. Macron nous entend, sinon cela va être de pire en pire", a déclaré un agriculteur de 52 ans arrivé de l'Yonne.

Plusieurs leaders politiques, dont Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ont accusé le gouvernement de laisser la violence s'installer pour discréditer une colère populaire à laquelle ils n'ont pas de réponse.

Pas de tabou sur l'état d'urgence

Le premier ministre Edouard Philippe s'est dit "choqué" par les violences. Il a annulé son déplacement au sommet sur le climat COP 24 en Pologne. Une réunion de crise a été convoquée par Emmanuel Macron dès son retour d'Argentine.

Interrogé sur l'opportunité d'instaurer l'état d'urgence mis en place après les attentats terroristes de Paris en 2015, le ministre de l'intérieur Christophe Castaner a dit samedi soir ne pas avoir de "tabou".

Les autorités ont recensé environ 75'000 manifestants en France vers 17h00, moins qu'au cours des deux précédentes journées de mobilisation. Ailleurs en France, plusieurs rassemblements de "gilets jaunes" se sont déroulés, pour beaucoup calmement, mais certains heurts les ont aussi émaillés.

La préfecture, incarnation de l'autorité gouvernementale, du département de la Haute-Loire, dans le centre du pays, a été incendiée lors d'un rassemblement de gilets jaunes.

Des face-à-face tendus ont opposé samedi après-midi des "gilets jaunes" aux forces de l'ordre dans le sud-ouest, à Bordeaux, Toulouse, Tarbes ou Auch, alors que dans d'autres villes d'Occitanie, de nombreux barrages filtrants ou bloquant totalement la circulation ont été organisés.

Des dégradations "importantes" ont été commises samedi à Charleville-Mézières en marge d'une manifestation. Des heurts ont aussi éclaté à Strasbourg ou Marseille, sans commune mesure avec ceux de la capitale.

Mots clés

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.