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"Gilets jaunes": nouvelle journée de heurts en France

La tension est assez vite montée samedi en fin de matinée aux abords des Champs-Elysées, où les forces de l'ordre ont lancé les premiers gaz lacrymogènes contre des "gilets jaunes" venus manifester par milliers aux cris de "Macron démission"

Keystone/EPA/IAN LANGSDON

(sda-ats)

Des heurts ont de nouveau émaillé samedi, à Paris comme en province, la nouvelle journée d'action à hauts risques des "gilets jaunes" français, marquée par de très nombreuses arrestations. Mais les émeutes étaient moins violentes que celles de la semaine dernière.

Malgré les mises en garde des autorités qui ont tenté de dissuader les manifestants de se déplacer, le mouvement n'a pas faibli, avec 125'000 personnes recensées dans toute la France vers 18h00, non loin des 136'000 de samedi dernier.

Si la situation est restée relativement calme durant la première moitié de la journée, elle s'est ensuite tendue à Paris et dans plusieurs villes de province avec des affrontements et des pillages à la faveur de la nuit hivernale.

Après les sidérantes émeutes de la semaine passée, avec les barricades enflammées en plein Paris, des rues saccagées et les affrontements sous l'Arc de Triomphe, le gouvernement s'est félicité d'une journée nettement plus contrôlée, jugeant avoir "cassé la dynamique des casseurs", selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Fait exceptionnel: des véhicules blindés de la gendarmerie ont été déployés à Paris, résumant la montée en puissance sécuritaire du gouvernement d'Emmanuel Macron, qui ne parvient pas à apaiser depuis trois semaines cette colère des classes populaires françaises contre la politique fiscale et sociale du président français.

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a déploré samedi soir dans un tweet "des scènes de chaos" dans la capitale et des "dégâts incommensurables" pour l'économie et l'image de la ville, à l'issue de la mobilisation des "gilets jaunes".

Plus de 1000 arrestations

Après les événements de la semaine dernière, les autorités avaient prévenu qu'elles seraient beaucoup plus sévères et mobiles dans leur traque des éléments violents, "gilets jaunes", mais aussi casseurs sans revendication sociale. Du coup, la capitale française s'était barricadée et des centaines de personnes ont été interpellées dans les gares ou aux abords des lieux de rassemblement, avant même toute manifestation, principalement car elles étaient en possession de marteau, de boules de pétanque, de pavés, de masques...

Au total, "il y a eu 1385 interpellations" vers 20h00, et "ce chiffre va encore progresser", a annoncé M. Castaner alors que pas moins de 89'000 membres des forces de l'ordre étaient mobilisés sur le territoire, dont 8000 à Paris.

La météo capricieuse n'a pas dissuadé les manifestants. "Le temps est pourri, le gouvernement aussi", scandaient dans l'après-midi une poignée de "gilets jaunes" remontant l'avenue de l'Opéra, alors qu'une petite pluie fine commençait à tomber sur la capitale.

Comme la semaine dernière, des voitures et du mobilier urbain ont été incendiés, des vitrines saccagées et des magasins pillés. Plusieurs journalistes ont été malmenés et même blessés lors des manifestations, dont plusieurs par des tirs de balles en caoutchouc.

Ailleurs en France, les manifestations de "gilets jaunes" ont été nombreuses et plusieurs d'entre elles ont aussi dégénéré, dans les grandes villes, comme à Bordeaux et Toulouse (sud-ouest), Saint-Etienne (centre) et Marseille (Sud) où des échauffourées ont éclaté sur la célèbre Canebière. Au total 118 manifestants et 17 membres des forces de l'ordre ont été blessés, selon le gouvernement.

Le recul du gouvernement sur la hausse des taxes sur le carburant, revendication première des gilets jaunes, n'a pas permis d'apaiser un mouvement particulièrement défiant à l'égard des élites politiques et des partis traditionnels.

"Retisser l'unité nationale"

Symptôme d'un pays fracturé, le mouvement des "gilets jaunes", déstructuré et évoluant hors des cadres établis, n'a pas de véritable leader, rendant épineuses les tentatives de négociation du gouvernement avec lui. Le Premier ministre Edouard Philippe a appelé de ses voeux une union nationale retrouvée. Il faut "retisser l'unité nationale", a-t-il dit samedi soir.

Emmanuel Macron "s'exprimera. Il lui appartiendra de proposer les mesures qui viendront nourrir ce dialogue et qui permettront, je l'espère, à l'ensemble de la Nation française de se retrouver et d'être à la hauteur des enjeux", a ajouté le Premier ministre.

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