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"L'ONU est une grande déception pour moi", dit Carla Del Ponte

Carla del Ponte a démissionné de son poste d'enquêtrice spéciale de l'ONU sur la Syrie en 2017 pour protester contre l'inaction du Conseil de sécurité (archives).

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

L'ancienne procureure générale de la Confédération et du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, s'en prend vertement aux Nations unies dans la NZZ am Sonntag. "L'ONU est une grande déception pour moi", déclare la Tessinoise de 71 ans.

Au cours de son travail d'enquêtrice spéciale en Syrie, elle a constaté que l'organisation, "un salon de bavardage", parlait beaucoup, mais agissait peu. "Il y a aussi beaucoup fonctionnaires, beaucoup trop. Seuls quelques-uns travaillent vraiment", lance-t-elle dans un entretien diffusé dimanche par le journal alémanique. Elle appelle à réformer l'ONU.

Mme Del Ponte dresse un tableau tout aussi sombre de la justice internationale. "Nous sommes tombés très bas. Les droits de l'homme ne s'appliquent plus", remarque-t-elle. Elle estime cependant qu'il faut continuer à la soutenir. "Nous devons croire qu'un tribunal international indépendant peut rendre justice", dit-elle.

Lauber "n'existe pas"

L'ancienne procureure générale de la Confédération égratigne également dans l'interview son successeur, Michael Lauber. "Pouvez-vous me dire ce que fait l'actuel procureur de la Confédération? Non? Exactement. Il n'existe pas", lance-t-elle.

"Je pense qu'un procureur fédéral doit être transparent et capable de faire face aux critiques", poursuit-elle, soulignant qu'un procureur ou un accusateur qui n'a pas d'ennemis n'est pas un bon fonctionnaire. "Avec moi, on savait exactement ce que je faisais", ajoute-t-elle.

Michael Lauber avait succédé en 2012 à la tête du ministère public de la Confédération à Erwin Beyeler. D'abord procureur du canton du Tessin, Carla Del Ponte avait été nommée en 1994 procureure générale de la Confédération.

En 1999, elle avait accédé à la fonction de procureure générale au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et au Tribunal pénal international pour le Rwanda. Plus récemment, en 2012, elle s'est rendue en Syrie en tant qu'enquêtrice spéciale de l'ONU. En 2017, elle a démissionné de son poste pour protester contre l'inaction du Conseil de sécurité.

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