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"La Suisse est euro-sceptique parce que trop européenne"

Bruxelles se réjouit peut-être en secret que la Suisse ne soit pas membre de l'UE, a déclaré, sur le ton de l'humour, Alain Berset lundi à Lucerne.

KEYSTONE/URS FLUEELER

(sda-ats)

Pour le président de la Confédération, Alain Berset, les Suisses ne sont pas anti-européens, mais euro-sceptiques: justement parce qu'ils sont "trop européens". La Suisse a besoin de relations stables avec l'Union européenne et vice-versa, a-t-il déclaré à Lucerne.

Les relations entre la Suisse et l'UE n'ont jamais été exemptes de tensions, a souligné lundi M. Berset lors de son allocution au Forum européen de Lucerne. Toutefois, la cohabitation est bonne parce que "nous cherchons toujours un équilibre entre la nécessité économique et le scepticisme politique envers l'Europe".

La Suisse est au centre de l'Europe, et l'Europe au centre de la Suisse, a-t-il dit. Aussi, cela n'a rien d'étonnant que même le "Graal de l'Europe" se trouve en Suisse: à savoir les ébauches de la fameuse "déclaration Schuman", texte fondateur de la construction européenne. Winston Churchill a lui aussi tenu son légendaire discours "Let Europa Arise" en Suisse.

En conclusion: les deux parties, aussi bien la Suisse que l'UE, sont intéressées à avoir des relations harmonieuses et réglées; il s'agit de les élever à un nouveau degré, retient le président. Or l'identité helvétique est fortement institutionnelle, en raison de sa pluralité des cultures.

C'est ce qui explique une bonne part du scepticisme de la Suisse face au développement européen. Pour Alain Berset, "nous sommes sceptiques face à l'UE parce que nous sommes si européens. Mais nous ne sommes certainement pas anti-européens". Seul un pragmatisme qui a fait ses preuves permet de sortir de cette constellation exigeante.

Pas de "picorage"

Le Conseil fédéral entend développer les relations bilatérales; les accords constituent un "bon équilibre entre les intérêts politiques et économiques". Et de rappeler que la Suisse fait partie des partenaires économiques les plus importants de l'UE.

Ceuc qui reprochent à la Suisse de "picorer les meilleurs morceaux" dans la politique européenne oublie que les deux parties profitent de ces liaisons commerciales intenses.

Pour autant, Alain Berset ne cache pas que les relations avec l'UE absorbent "énormément d'énergie politique". Si le sujet pouvait être classé pour quelques années, cela permettrait de libérer "d'importantes capacités politiques", selon lui.

Pragmatisme

En ces temps agités, il faut des stratégies pragmatiques. "L'UE et la Suisse trouveront, tôt ou tard, une bonne solution", estime, confiant, Alain Berset. Reste que les divergences au niveau du rythme institutionnel et du tempérament politique demeurent.

Le conseiller fédéral en est venu à parler de Jean Monnet. Au printemps 1950, celui-ci avait présenté le plan d'une union européenne du charbon et de l'acier. En deux semaines, toutes les instances politiques avaient signé ce plan historique.

En Suisse, des projets moins ambitieux restent déjà bloqués en procédure de consultation. "Peut-être que Bruxelles se réjouit en secret que la Suisse ne soit pas membre de l'UE", a conclu Alain Berset.

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