Donald Trump a averti mercredi que les menaces émises par l'Iran risquaient de se retourner contre la République islamique. Téhéran a fait savoir qu'il comptait produire de l'uranium enrichi à un degré supérieur prohibé par l'accord international sur le nucléaire.

"Le 7 juillet, notre degré d'enrichissement ne sera plus de 3,67%. Nous mettrons cet engagement de côté. Autant que nous le voudrons, autant que nécessaire, autant que nos besoins l'imposent, nous porterons cela au-dessus de 3,67%", a déclaré le président iranien Hassan Rohani en conseil des ministres, selon une vidéo diffusée par la télévision d'Etat.

Celui-ci a précisé que cette décision était liée au fait que les autres Etats parties à l'accord ne respectent pas l'intégralité de leurs engagements vis-à-vis de l'Iran. Cette annonce, faite en dépit des avertissements de ses ennemis et de ses partenaires, survient en outre sur fond de tensions déjà vives avec Washington, faisant craindre un embrasement dans la région stratégique du Golfe.

"Attention avec vos menaces, l'Iran. Elles peuvent se retourner contre vous d'une façon jamais vue auparavant!", a tweeté en réaction le président américain Donald Trump. Plus tôt, la France avait averti l'Iran que Téhéran ne gagnerait rien "en sortant de l'accord de Vienne" dont la "remise en cause ne ferait qu'accroître des tensions déjà vives" au Moyen-Orient.

Réactions en chaîne

Le président iranien a également prévenu qu'à partir du 7 juillet, l'Iran pourrait reprendre son projet initial de réacteur à eau lourde à Arak (dans le centre du pays), mis en sommeil en vertu de l'accord.

L'accord de Vienne est menacé depuis que les Etats-Unis s'en sont retirés unilatéralement en mai 2018, réimposant par là même des sanctions économiques et financières punitives contre la République islamique, privant l'Iran des bénéfices qu'il attendait de ce pacte.

A Vienne, l'Iran s'est engagé à ne jamais acquérir l'arme atomique et à brider son programme nucléaire en échange de la levée d'une partie des sanctions internationales qui asphyxiaient alors son économie.

Trop tard pour les regrets

S'adressant aux autres Etats encore parties à l'accord (Allemagne, Chine, France, Grand-Bretagne, Russie), qu'il juge responsable de l'impasse actuelle, M. Rohani a déclaré : "Si vous voulez exprimer des regrets, il est trop tard, et si vous devez publier un communiqué, faites-le maintenant." "Nous appliquerons 100% [de l'accord de Vienne] le jour où les autres parties agiront à 100%" selon ses termes, a ajouté le président iranien.

Le 8 mai, un an jour pour jour après le retrait américain, Téhéran avait adressé un ultimatum aux autres Etats parties à l'accord, leur donnant "60 jours" pour l'aider à contourner les sanctions américaines, qui ont fait plonger le pays en récession. Faute de quoi avait prévenu Téhéran, la République islamique prendrait des mesures.

Les chefs de la diplomatie de l'UE, de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni ont de leur côté appelé mardi soir Téhéran à "revenir sur sa décision" de franchir la limite imposée (300 kg) à ses réserves d'uranium faiblement enrichi et "à s'abstenir de prendre de nouvelles mesures qui affaibliraient" l'accord de 2015. Déplorant l'attitude de l'Iran dans ce dossier, Pékin a appelé "toutes les parties (à la) retenue"; tandis que Moscou l'appelait "à ne pas céder à l'émotion et à respecter les dispositions essentielles de l'accord".

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