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Les mines étaient sombres vendredi matin au sortir d'un conseil de défense exceptionnel

KEYSTONE/AP/CHRISTOPHE ENA

(sda-ats)

"Rien ne doit entraver" le bon déroulement de l'élection présidentielle de dimanche, a déclaré vendredi le premier ministre français Bernard Cazeneuve. Il s'exprimait au lendemain de la fusillade meurtrière sur les Champs-Elysées. La Suisse a exprimé sa solidarité.

Au terme d'un conseil de défense exceptionnel à l'Elysée, le chef du gouvernement en a appelé à "l'unité" du pays, qui ne doit selon lui céder ni à l'obscurantisme, ni à l'intolérance. "A la veille d'un rendez-vous majeur, j'en appelle bien entendu à l'esprit de responsabilité et à la dignité de chacun", a-t-il ajouté.

Bernard Cazeneuve a rendu hommage aux forces de l'ordre au lendemain de la fusillade qui a fait deux morts, un policier et l'assaillant, sur les Champs-Elysées à Paris.

"Il nous appartient de ne pas céder à la peur, à l'intimidation, à la manipulation qui ferait le jeu des ennemis de la République", a déclaré le chef du gouvernement, appelant à ne "jamais céder à la division et encore moins à l'outrance".

"C'est l'obscurantisme et l'intolérance qui doivent être combattus et c'est bien l'unité qui plus que jamais doit prévaloir", a-t-il dit.

Un Français de 39 ans

L'organisation Etat islamique (EI), qui a revendiqué l'attaque, a affirmé que son auteur était "Abu Yussef le Belge". Or, selon des sources proches de l'enquête, l'agresseur abattu est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste, et avait déjà tenté de tuer un policier il y a plus de 10 ans.

Cela pose donc la question de savoir s'il s'agit du même homme que celui nommé par l'EI. D'autant qu'un avis de recherche visant un homme portant le même prénom que celui de la revendication de l'EI avait été transmis jeudi par la Belgique à la France, selon le ministère français de l'Intérieur.

Cet homme, âgé de 35 ans, s'est présenté dans la matinée dans un commissariat d'Anvers.

Entourage entendu

Le procureur de Paris, François Molins, avait indiqué jeudi soir que l'identité de l'attaquant abattu était "connue et vérifiée".

L'homme, qui avait manifesté son intention de tuer des policiers, avait été arrêté le 23 février puis relâché le lendemain, car la justice estimait qu'il n'y avait pas assez d'éléments pour révoquer sa liberté conditionnelle, selon des sources proches de l'enquête.

Trois membres de son entourage étaient entendus vendredi selon une source judiciaire. Une perquisition a aussi été menée jeudi soir au domicile de l'assaillant.

Burkhalter solidaire

La Suisse a exprimé tôt vendredi matin sa solidarité avec les autorités françaises. Le chef du département fédéral des Affaires étrangères (DFAE), Didier Burkhalter, a envoyé un message à son homologue Jean-Marc Ayrault.

Depuis jeudi soir, plusieurs capitales ont exprimé leur soutien à la France. Le président américain Donald Trump, évoquant "une attaque terroriste", a présenté ses "condoléances au peuple de France". La chancelière allemande Angela Merkel a, elle, dit se tenir "de façon ferme et déterminée au côté" de la France.

Les principaux candidats à la présidentielle, qui ont défilé jeudi soir sur France 2 pour un dernier grand oral, ont dénoncé l'attentat et apporté leur soutien aux forces de l'ordre. Marine Le Pen (extrême droite), François Fillon (droite) et Emmanuel Macron (centre) ont annulé leurs derniers déplacements de campagne prévus ce vendredi avant le premier tour de l'élection dimanche.

ATS

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