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"Si nous avions perdu, nous serions morts"

Ce contenu a été publié le 17 juin 2014 - 19:44
(Keystone-ATS)

Genève - Imaginons une seule seconde que nous ayons perdu 2-1 dimanche ! C'est simple, nous serions... morts !" Valon Behrami est bien conscient d'avoir joué le destin des siens sur un quitte ou double.
"Ce tacle, il n'a pas été parfait. Je suis allé trop vite au sol, explique le Tessinois quand il repasse le film extraordinaire de la dernière action de la rencontre contre l'Equateur. J'ai alors pensé que j'allais encore "foirer" ma Coupe du monde comme en 2010. Heureusement, j'ai des longues jambes. J'ai pu gagner ce ballon."
Et initier cette rupture décisive malgré la grossière faute commise sur lui. "Dans 80 % des cas, un joueur qui se roule par terre n'a... rien. C'était le cas pour moi dimanche, poursuit-il. Les Equatoriens s'étaient pratiquement arrêtés de jouer. Je me suis relevé tout de suite. J'ai vu qu'il y avait ce coup à jouer. Après le but de Seferovic, je ne pouvais plus souffler. Les défenseurs, qui n'avaient pas la force de courir vers Haris, sont tombés sur moi." Behrami n'a pas eu le temps de remercier l'arbitre d'avoir laissé se poursuivre cette action. "Combien auraient sifflé la faute sur moi ?", s'interroge-t-il avec raison.
Même s'il a de la peine à le reconnaître, Behrami est devenu une véritable icône en Suisse depuis dimanche. "Je veux surtout être un exemple, dit-il. Un exemple pour tous ces Suisses qui, comme moi, viennent d'ailleurs. Je veux leur démontrer que nous devons rendre à ce pays tout ce qu'il nous a apporté. Si je suis un footballeur professionnel aujourd'hui, je le dois à la formation qui m'a été offerte en Suisse. Je dois respecter ce que la Suisse a fait pour moi. La question n'est pas de chanter ou pas l'hymne. La seule manière de le faire, c'est de donner 100 % sur le terrain. C'est cette attitude que je dois toujours témoigner. Si j'en avais une autre, j'ai peur que ces jeunes qui s'identifient à moi en aient également une autre."
Suisse dans la tête et dans son style de vie, Valon Behrami revendique ce caractère kosovar qui explique pourquoi il n'est pas un footballeur comme les autres. "Il y a des moments dans un match où c'est le coeur qui doit parler, avoue-t-il. C'est l'esprit de la terre où tu es né qui peut aussi te guider." Ses racines et son expérience - il appartient à cette équipe de Suisse depuis novembre 2005 - lui confèrent bien sûr le rôle de grand frère auprès de Granit Xhaka et de Xherdan Shaqiri, les deux autres Kosovars de la sélection. "On sous-estime l'importance de Granit dans cette équipe. A mes yeux, il est indispensable. La qualité de son replacement n'a pas de prix, explique-t-il. Quant à Xherdan, c'est l'homme qui peut faire la décision à tout moment. Les Equatoriens l'avaient bien compris en défendant presque toujours à deux sur lui. Je sens qu'il peut encore monter en puissance dans cette Coupe du monde."
Pour le choc de vendredi contre la France, Valon Behrami rappellera à ses coéquipiers une vérité. "A un contre un face à la France, on perd. Les Français possèdent les meilleures individualités, reconnaît-il. Mais nous avons deux atouts: notre faculté de bien défendre et cette énergie positive que nous ressentons depuis dimanche." Depuis cette action extraordinaire menée par celui qui est sans doute l'âme de cette équipe de Suisse.

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