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Urs Burkard, l'un des actionnaires du fabricant de spécialités chimiques Sika et héritier des fondateurs de l’entreprise, assure que la famille avait de bonnes raisons de vendre aux Français de Saint-Gobain. Avec cette opération, Sika reste coté en Bourse, relève-t-il notamment dans la presse dominicale.

En plus, "pour nous, Saint-Gobain représente le partenaire adéquat, car c’est le numéro un mondial de la branche", dit M. Burkard au sujet de cette vente décidée réalisée contre l'avis du conseil d'administration. "Nous avons aussi reçu des assurances quant à la volonté de Saint-Gobain de continuer à collaborer avec une partie du conseil d’administration et de la direction", poursuit-il.

Selon M. Burkard, "tout a été entrepris afin que Sika ne soit pas simplement phagocyté en s’alliant avec Saint-Gobain". L'actionnaire, interrogé par "Le Matin Dimanche", la "SonntagsZeitung" et la "Zentralschweiz am Sonntag", souligne également que Saint-Gobain avait évoqué "aucun licenciement collectif en raison de restructuration, au minimum pendant les deux ans suivant la reprise".

Sur les raisons qui ont poussé la famille à vendre, M. Burkard estime qu'en tenant compte des questions de succession, "le moment était venu". Il précise par ailleurs que les garanties données, et non le prix, ont fait pencher la balance en faveur de Saint-Gobain.

"Contrat scellé"

Selon Urs Burkard, il est exclu que Saint-Gobain renonce à l'acquisition de Sika dans le cas d'un conflit juridique prolongé. "Les deux parties sont liées par le contrat conclu", souligne-t-il. "Le contrat est scellé et valide", confirme de son côté le directeur général du groupe français, Pierre-André de Chalendar, dans une interview publiée samedi dans la "Neue Luzerner Zeitung".

Il tient par ailleurs à rassurer les employés basés en Suisse, garantissant ni restructuration ni fermeture d'usine. Le siège principal et les activités de recherche et développement devraient rester dans le pays.

2,75 milliards de francs

Sika doit passer sous le contrôle de Saint-Gobain. La famille fondatrice Burkard-Schenker a annoncé début décembre la cession de sa participation de 16,1 % au capital, donnant droit à 52,4 % des voix, au géant industriel français pour un montant de 2,75 milliards de francs.

La direction générale de Sika et une partie du conseil d'administration s'opposent depuis avec vigueur à la transaction. Pour débloquer la situation, la holding SWH a indiqué début janvier avoir aussi porté le cas devant la justice zougoise, pour pouvoir convoquer une assemblée générale extraordinaire.

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ATS