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Des femmes se sont rassemblées à Berne pour appeler à rejeter la réforme de la Prévoyance vieillesse 2020 à l'occasion de l'anniversaire de la grève des femmes en 1991.

KEYSTONE/THOMAS DELLEY

(sda-ats)

"Touche pas à ma retraite": vingt-six ans après la grève nationale, des femmes de toute la Suisse ont lancé un appel contre la Prévoyance vieillesse 2020. Une action a été organisée à Berne, où elles en ont profité pour faire signer le référendum contre cette réforme.

Avec l'augmentation de l'âge de la retraite, 1,3 milliard de francs d'économies sont réalisés sur le dos des femmes. "Nous refusons une réforme qui instrumentalise l'égalité pour imposer une régression sociale à toutes et tous", écrit mercredi le Comité des femmes, qui réunit notamment des syndicalistes et la Marche mondiale des femmes.

Pour combler l'actuelle inégalité salariale - les femmes gagnent en moyenne 18,1% de moins que les hommes, - l'âge de la retraite des femmes devrait être fixé à 57 ans, propose le Comité dans un communiqué.

Un bonus insuffisant

Les rentes des femmes sont de 37% inférieures à celles des hommes et 500'000 retraitées ne touchent que l'AVS, poursuit-il. Les 70 francs de bonus ne suffisent pas pour vivre sans recourir aux prestations complémentaires.

Pour rappel, parmi les points principaux de la réforme d'Alain Berset figurent l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, la baisse du taux de conversion de 6,8 à 6% et la revalorisation des rentes AVS de 70 francs pour les nouveaux retraités à titre de compensation.

La réforme doit être financée par une hausse de la TVA de 0,6 point de pourcentage. Raison pour laquelle, elle passera de toute façon devant le peuple.

Ce n'est pas la solution. Pour garantir l'avenir de nos rentes, il faut renforcer l'AVS, d'après ces militantes. Elles se sont rassemblées sur la place Fédérale, mais également un peu partout en Suisse où elles ont installés des stands, invitant les femmes à signer le référendum.

7,7 milliards de francs

Les revendications, exprimées le 14 juin 1991, où près d'un demi-million de femmes avait défilé en Suisse, demeurent plus que jamais d'actualité, ont renchéri dans un communiqué les femmes socialistes qui appuient pourtant la réforme d'Alain Berset. Elles exigent des contrôles dans les salaires pour que l'article constitutionnel garantissant qu'"à travail égal, salaire égal" soit enfin respecté.

C'est exactement ce que demande l'"Initiative subito" qu'entend lancer Unia pour que cette inégalité prenne enfin fin, rappelle le syndicat. "Il faut un contrôle scrupuleux des salaires dans les entreprises, et des sanctions pour les firmes qui payent les hommes plus que les femmes sans raisons explicables", écrit-il.

Cette différence salariale pèse 7,7 milliards de francs et se traduit par une différence de 585 francs par mois dans la moyenne des salaires du secteur privé. Le syndicat, officiellement favorable à la Prévoyance vieillesse, mais dont la base est divisée, était également présent au rassemblement sur la place Fédérale.

ATS

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