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L'agriculture et les banques sont les secteurs qui ont le plus profité du rejet de l'EEE, selon les experts (archives).

KEYSTONE

(sda-ats)

Vingt-cinq ans après le non à l'Espace économique européen (EEE), la catastrophe économique annoncée n'est pas arrivée. Mais la Suisse a d'abord subi une longue récession avant de tirer parti des accords bilatéraux.

Si la catastrophe économique ne s'est pas produite, c'est parce que "les autorités politiques ont pu négocier deux séries d'accords bilatéraux qui ont permis à l'économie suisse de sortir de la sombre décennie des années 1990", a déclaré à l'ats Sergio Rossi, professeur d'économie à l'Université de Fribourg. Cela a évité que le refus d'adhérer à l'EEE n'isole l'économie suisse de l'Europe.

Le non à l'EEE a amplifié la longue crise économique des années 90, estime de son côté Vasco Pedrina, ex-président du syndicat Unia et membre du conseil consultatif de l'AELE. Il a prolongé la survie du statut de saisonnier et d'une politique de contingentement, qui s'est faite au détriment de l'immigration de la main-d'oeuvre qualifiée, en nuisant à l'économie.

Les salariés en ont été les plus touchés avec une hausse du chômage et une dérégulation remettant en cause les conventions collectives et les droits sociaux, ajoute Vasco Pedrina.

Malgré les accords bilatéraux, la Suisse subit toutefois toujours des inconvénients liés au non du 6 décembre 1992. "Les accords bilatéraux ne lui permettent pas d'avoir accès à la totalité du marché intérieur de l'Union européenne (UE), comme c'est le cas pour les pays membres de l'EEE", observe Sergio Rossi.

Mesures d'accompagnement

Economiesuisse relève par exemple que la Suisse ne dispose pas d'un accord sur les services. La faîtière des petites et des grandes entreprises précise aussi que le refus d'adhérer a permis à certains monopoles de rester en vigueur, comme l'assurance incendie cantonale.

"Le protectionnisme est un grand danger pour la Suisse, cette dernière étant un pays d'exportation qui réalise plus de 70% de son produit intérieur brut par ce biais", déclare Jan Atteslander, membre de la direction d'economiesuisse. Sergio Rossi nuance et estime que certaines mesures protectionnistes, comme celles visant à la protection de l'environnement, sont très utiles pour la Suisse.

Les branches qui exportent énormément dans l'UE, comme la pharma et la chimie, l'industrie des machines ou des instruments de précision ont souffert du non à l'EEE, note Sergio Rossi. Surtout avant la conclusion des accords bilatéraux, précise Vasco Pedrina.

La non-adhésion a toutefois profité à l'agriculture, qui a été davantage protégée de la concurrence étrangère, estiment tous les experts. Aux yeux de Vasco Pedrina, les banques ont aussi profité de la situation. "Elles ont joué sur deux tableaux, en déplaçant à Londres si nécessaire, certaines activités."

Selon Vasco Pedrina, ce qui est positif, c'est que le non du 6 décembre 1992 a conduit patronat et politiques à accepter les bilatérales avec des mesures d'accompagnement à la libre-circulation des personnes. "Elles sont plus avancées que dans l'UE. Les travailleurs détachés doivent être par exemple annoncés avec huit jours d'avance, ce qui permet de contrôler les salaires."

Autre avantage économique mais pour les finances publiques: la Suisse a pu réduire sa contribution financière à l'intégration européenne. "Les accords bilatéraux impliquent qu'elle verse un milliard de francs à l'UE sur une décennie, alors que si la Suisse était dans l'EEE, elle serait appelée à verser environ 200 millions de dollars chaque an", observe le professeur d'économie. Sur dix ans, elle aurait payé 2 milliards de dollars.

Force du franc

L'adhésion de la Suisse à l'EEE n'aurait rien changé au rôle de valeur-refuge du franc. "La force du franc suisse tient essentiellement à la faiblesse de l'euro, ainsi qu'aux tensions géopolitiques dans l'économie globale", précise Sergio Rossi.

Pour rappel, l'EEE rassemble 31 Etats. Il s'agit des 28 membres de l'UE et de l'Islande, de la Norvège et du Liechtenstein. Ces trois pays font partie, avec la Suisse, de l'Association européenne de libre-échange (AELE).

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ATS