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"Les conclusions qui ont été adoptées en matière de défense sont à la hauteur des enjeux, il faut en mesurer pleinement le caractère historique", a indiqué le président français Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse.

KEYSTONE/EPA/JULIEN WARNAND

(sda-ats)

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont pris acte jeudi de plusieurs avancées pour l'Europe de la défense. La création d'un Fonds européen doit permettre notamment aux Etats qui le veulent de coopérer plus étroitement.

D'une même voix, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont promis de "renforcer la coopération au sein de l'UE en matière de sécurité extérieure et de défense de manière à protéger l'Union et ses citoyens et à contribuer à la paix et à la stabilité dans son voisinage et au-delà".

A moyen terme, la Commission européenne veut faire de ce fonds un puissant levier pour financer la recherche et le développement, et soutenir l'industrie européenne de la défense, notamment les petites et moyennes entreprises.

Elle envisage d'y consacrer 590 millions d'euros jusqu'en 2020 et au moins 1,5 milliard par an à partir de 2020. Avec les contributions des Etats, le fonds pourrait générer 5,5 milliards d'euros par an à partir de 2020.

Terrorisme

Les 27 ont parallèlement travaillé sur les mesures visant à lutter contre le terrorisme, notamment les contrôles aux frontières extérieures de l'Union, le fichier des passagers aériens (PNR) et la lutte contre la propagande sur Internet.

Les Européens veulent que cette propagande puisse être immédiatement rendue inaccessible et pouvoir localiser et disposer des métadonnées d'utilisateurs de systèmes de communications chiffrées, sans briser leur confidentialité.

"Les conclusions qui ont été adoptées en matière de défense sont à la hauteur des enjeux, il faut en mesurer pleinement le caractère historique", a indiqué Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse. Le président français a montré, pour son premier Conseil, sa volonté de participer à l'élan réformateur que connaît l'Union depuis le vote en faveur du Brexit, il y a un an.

Sanctions

Jeudi, les dirigeants européens ont aussi donné leur feu vert au prolongement pour six mois des lourdes sanctions économiques imposées par l'UE à la Russie pour son rôle présumé dans le conflit ukrainien, a annoncé le président du Conseil européen Donald Tusk.

Ces sanctions imposées à l'été 2014, qui visent notamment des banques et entreprises russes du secteur de la défense, arrivaient à échéance fin juillet. Avant de lever ces sanctions, les Européens exigent une mise en oeuvre complète des accords conclus à Minsk en 2015, censés instaurer une trêve des combats, mais qui n'ont pas permis de mettre un terme au conflit ayant fait plus de 10.000 morts en trois ans.

Les Européens devraient aussi s'engager à appliquer l'accord de Paris sur le climat, rejeté par le président américain Donald Trump, et à soutenir sa mise en oeuvre par les pays signataires.

Migrations et commerce

Vendredi, les Européens travailleront sur les migrations, dans le contexte d'une dégradation de la situation en Méditerranée centrale et en Libye et d'un manque d'efficacité des mesures pour garder les frontières, examiner les demandes d'asile et expulser ceux qui ne peuvent prétendre à l'asile.

La protection commerciale sera aussi examinée, la France appelant de ses voeux un renforcement dans ce domaine "Je souhaite que nous puissions en matière de commerce avoir une Europe tout à fait ouverte au libre-échange (...) mais qui protège lorsque d’autres ne respectent pas certaines règles", a dit Emmanuel Macron.

Paris souhaite en outre renforcer la lutte contre le dumping social dans l'Union, avec un durcissement des règles encadrant le travail détaché. Le sujet sera au menu de la rencontre d'Emmanuel Macron vendredi matin avec les membres du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie).

"Approche cynique"

Dans un entretien à huit quotidiens européens diffusé mercredi, il déplore l'attitude de certains Etat d'Europe de l'Est, qui "trahissent" par "une approche cynique de l’Union qui servirait à dépenser les crédits sans respecter les valeurs".

Ces propos ont été accueillis fraîchement par les dirigeants des pays de l'Est. "Le président français est très jeune. Il vient ici pour la première fois (...) ses débuts ne sont pas très prometteurs", a dit le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, à des journalistes.

ATS